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Avion: les députés donnent leur accord à la suppression des vols intérieurs courts

Des avions Air France sur le tarmac de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle pendant l'épidémie de coronavirus, en avril 2020

Des avions Air France sur le tarmac de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle pendant l'épidémie de coronavirus, en avril 2020 - BERTRAND GUAY © 2019 AFP

Issue d'une proposition de la Convention citoyenne pour le climat, la suppression de certaines lignes aériennes intérieures, en cas d'alternatives en train de moins de 2h30, a été approuvée en commission.

Décoller de l'aéroport d'Orly pour atterrir à Lyon ou à Bordeaux, c'est bientôt terminé. Examinant en commission l'article 36 du projet de loi Climat, attendu à l'Assemblée nationale à la fin du mois de mars, les députés ont donné un premier aval dimanche à la suppression de certaines lignes aériennes intérieures, en cas d'alternatives en train de moins de 2h30.

La mesure est la reprise, amoindrie, de l'une des 149 propositions de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) – qui, elle, recommandait l'interdiction des vols intérieurs en cas d'alternative ferroviaire directe de moins de 4 heures.

Le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a défendu la volonté du gouvernement de "décarboner" tout en protégeant la "liberté fondamentale de se déplacer" et la "cohésion des territoires". L'examen de la proposition a suscité un vif débat et des voix divergentes se sont exprimées jusque dans la majorité. Tandis que les écologistes jugent la mesure insuffisante, rappelant la proposition initiale de la CCC, des élus MoDem ou LR ont réclamé la suppression de l'article ou son report dans le temps, évoquant les difficultés de la filière aéronautique et des emplois menacés.

Paris-Biarritz ou Paris-Brest ne sont pas concernés

Ce sera en effet la fin des vols Orly-Nantes, Orly-Lyon et Orly-Bordeaux – soit 1,1 million de passagers et environ 4% des voyages intérieurs hors Corse et Outre-mer, selon le cabinet spécialisé Archery Consulting. Orly-Rennes et Lyon-Marseille pourraient aussi être concernées. Selon les chiffres de Greenpeace, les lignes les plus émettrices de CO2 resteront hors d'atteinte en raison de la barre fixée à 2h30: il sera toujours possible de voler de Paris à Nice, Toulouse et Marseille. Des lignes comme Paris-Montpellier, Paris-Biarritz ou Paris-Brest ne seront pas non plus concernées.

Par ailleurs, des exceptions pour les trajets en correspondances seront toutefois possibles : les liaisons entre Lyon et Roissy-Charles-de-Gaulle, par exemple, ne seront pas supprimées, l'aéroport parisien étant considéré comme un hub permettant de rejoindre des destinations internationales. Ce texte entérine surtout l'existant, puisque le gouvernement avait contraint Air France à renoncer à ces liaisons en contrepartie d'un soutien financier en mai 2020. Par ailleurs, le projet de loi interdira aux concurrents de s'engouffrer dans la brèche.

Jérémy Bruno avec AFP