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Avec ses billets à 1 euro, Volotea relance la polémique sur l'impact des vols low-cost

Volotea propose des vols à 1 euro

Volotea propose des vols à 1 euro - Volotea

La compagnie espagnole a lancé une grande promotion pour le Back Friday avec 100.000 billets à 1 euro. Une offre commerciale que le gouvernement français cherche pourtant à faire disparaitre.

L'avion, moins cher que le métro... Pour le Black Friday, la compagnie espagnole Volotea a décidé frapper fort en proposant 100.000 billets à 1 euro pour des départs en décembre ou janvier. Les trajets concernés comprennent des vols depuis et vers la France depuis des aéroports régionaux (Lyon, Marseille, Nantes...) pour des destinations vers l'Espagne, l'Italie ou une autre ville française. Il est ainsi possible de faire un aller-retour entre Marseille et Lanzarote pour 2 euros.

Un prix qui ne représente évidemment pas le coût réel d'un voyage et qui risque de faire grincer des dents, une fois de plus.

Voilà des mois que le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari dénonce les prix anormalement bas des vols low-cost, dans un contexte encore tendu pour le secteur aérien.

"On a laissé prospérer en Europe des modèles qui sont des modèles datés qui honnêtement ont fabriqué des précaires dans le travail et je crois que dans le monde d'après, ce n'est plus possible" expliquait-il sur BFMTV en juillet dernier.

L'enjeu est notamment économique. "Un billet à 5 euros, ça n'existe pas ; quand ça existe, c'est que quelqu'un paie le différentiel de prix. Or ce sont souvent les collectivités, mises en concurrence par les opérateurs" indiquait Jean-Baptiste Djebbari lors d'une audition à l'Assemblée nationale en mars dernier. Selon lui, les petits aéroports doivent se battre à grands coups de subventions pour attirer les compagnies aériennes low-cost.

Ces dernières ont aussi été régulièrement accusées de dumping social, en utilisant les différences réglementaires entre pays de l'Union européenne.

Réforme européenne

L'autre argument contre ces prix dérisoires, c'est l'impact environnemental qu'elles impliquent puisque ces offres agressives devraient facilement trouver preneurs, une semaine après le résultat mitigé de la COP26. L'année dernière, l'Autriche a décidé d'interdire la vente de billets d'avions à moins de 40 euros, une manière aussi de préserver les compagnies régulières.

"La présidence française [du Conseil de l’Union européenne, ndlr] doit être l’occasion de concrétiser la régulation sociale du secteur aérien" indique Jean-Baptiste Djebbari.

Quant à Volotea, l'idée est évidement de créer un appel d'air. La compagnie espagnole est d'ailleurs une habituée du genre. En 2019, elle avait lancé un vente flash pour des vols à 2 euros vers la Corse. L'entreprise a affiché un taux de remplissage impressionnant cet été avant de voir la fréquentation de ses vols fondre dès la rentrée.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business