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Autoroutes: comment Terra Nova veut réduire le prix des péages de 50%

Le ministre de l'Economie a affirmé dimanche qu'il cherchait un moyen de réduire les frais d'autoroutes.

Le ministre de l'Economie a affirmé dimanche qu'il cherchait un moyen de réduire les frais d'autoroutes. - Jean-Philippe Ksiazek - AFP

Le think tank proche du PS propose d'exercer la pression sur les sociétés mères des exploitants d'autoroute (Vinci, Eiffage, Abertis) en les menaçant de nouvelles taxes. L'idée pourrait réduire les tarifs de 50% pour les usagers, mais risque d'être impossible à appliquer.

Emmanuel Macron retiendra-t-il l'idée que lui souffle la fondation Terra Nova, dans un rapport publié ce mercredi? Alors que le ministre de l'Economie a annoncé dimanche qu'il souhaitait "baisser les tarifs" des autoroutes, le groupe de réflexion proche du PS avance l'idée de menacer de taxer les trois sociétés mères des exploitants d'autoroutes pour faire baisser le prix de 50% pour les usagers.

L'objectif de Terra Nova: forcer une "renégociation" des contrats, actuellement trop avantageux pour les exploitants. Un rapport de l'Autorité de la concurrence, paru il y a deux mois, révèle en effet que le prix des péages a augmenté plus vite que l'inflation depuis la privatisation de 2006.

Renégocier les contrats pour éviter la taxation

Selon le groupe de réflexion, la menace d'une taxation punitive serait le seul moyen de forcer les exploitants à accepter de voir leurs bénéfices baisser.

Les contrats sont en effet fixés sur des périodes très longues: le premier d'entre eux arrive à échéance en 2027, le dernier en 2070. "On voit mal ce qui pourrait inciter les actionnaires des sociétés autoroutières à accepter une renégociation qui réduirait substantiellement leur rente", explique Terra Nova dans son rapport.

Mais si la taxe s'applique directement aux exploitants d'autoroute, comme l'ASF ou la Sanef, elles pourraient légalement répercuter ce coût sur les tarifs. Pour éviter cette situation contre-productive, Terra Nova propose donc de taxer directement les trois sociétés mères: Vinci (ASF, Escota, Cofiroute), Eiffage (APRR, Area) et Abertis (Sanef, SAPN).

Taxer les bénéfices d'un groupe espagnol, mission impossible?

Ces trois groupes historiques représentent 95% du chiffre d'affaires du secteur, selon un rapport de la Cour des Comptes datant de 2013. Mais reste à savoir si les taxer directement serait légal. Vinci et Eiffage sont des groupes français de BTP, Abertis est une société espagnole. Difficile d'imaginer les deux Français accepter de payer si la société siégeant à Barcelone est épargnée.

Le think tank reprend également des idées qui ont déjà été émises, et préconise de renforcer le contrôle des sociétés autoroutières. Dimanche, Emmanuel Macron avait déjà annoncé qu''Une autorité de régulation, un gendarme, qui agit déjà sur certains transports, va étendre ses compétences". L'autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf) a déjà indiqué qu'elle pourrait voir sa mission élargie.

Joseph SOTINEL