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Autoroute A1: une file réservée aux taxis et aux bus

Cette mesure doit permettre aux taxis et aux bus de rejoindre plus rapidement Paris.

Cette mesure doit permettre aux taxis et aux bus de rejoindre plus rapidement Paris. - Boris Horvat - AFP

A partir de ce mercredi, la file de gauche de l'autoroute A1 en partant de l'aéroport de Roissy en direction de Paris sera réservée aux taxis et aux bus de 6h30 à 10h, du lundi au vendredi.

La mesure est loin de faire l'unanimité. A partir de ce mercredi, la première voie réservée aux taxis et aux bus sur une autoroute francilienne entre en service. De 6h30 à 10h, du lundi au vendredi, la file de gauche de l'autoroute A1 leur sera réservée sur un tronçon de 5 kilomètres reliant l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle à Paris.

Ainsi, sur cette portion, entre l'échangeur avec l'autoroute A86 à La Courneuve et le Stade de France à Saint-Denis, ne pourront circuler que les taxis, les bus de la RATP, les cars Air France et les utilitaires du réseau PAM, le transport de personnes âgées ou handicapées. Fin mai, ce dispositif sera étendu au sud de Paris entre l'aéroport d'Orly et la capitale. 

Plus d'une heure pour rejoindre Paris

Selon les chauffeurs de taxis, cette nouvelle disposition va faciliter le trajet de leurs clients. "C'est important pour nous, c'est surtout important pour la clientèle", assure à BFMTV un chauffeur habitué de cette portion souvent embouteillée. "Il est anormal de mettre certains jours parfois 1 heure, 1 heure 15 pour regagner la porte de Paris".

A peine testée, la mesure est déjà adoptée: "J'avais déjà gagné une quinzaines de minutes, donc c'est très profitable", explique Philippe, un chauffeur de taxi qui avait déjà expérimenté le dispositif en 2009. 

Une manière également pour la France, assure le gouvernement, de rattraper son retard en terme d'infrastructures depuis les aéroports. "Beaucoup d'aéroports, beaucoup de pays ont justement ces voies réservées, ces voies directes, ces situations qui font qu'on peut accéder facilement au coeur de la capitale", assure Alain Vidalies, le secrétaire d'Etat en charge des Transports, convaincu que l'intérêt de cette mesure "est à la fois vrai pour ceux qui viennent ici en France et pour ceux qui utilisent tous les jours les bus pour le travail".

135 euros d'amende pour les automobilistes

Ces arguments ont pourtant du mal à convaincre les automobilistes, face à une mesure qui pourrait bien compliquer un peu plus leur quotidien, souvent marqué par les les bouchons. "Il va falloir à un moment donné qu'on m'explique comment on va faire passer la même quantité de voitures sans perdre de temps dans un espace qui est réduit", dénonce sur BFMTV Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 Millions d'automobilistes.

Ce dernier estime à quinze minutes le temps de perdu pour les conducteurs de voitures. Les autorités, qui comptent sur une pédagogie sur le long terme, ont toutefois choisi la méthode forte pour dissuader les automobilistes d'emprunter cette fille réservée puisqu'ils encourent une amende de 135 euros.

Justine Chevalier