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Autolib’: faut-il arrêter les frais?

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Alors que le service d'autopartage est en déficit chronique, se pose désormais la question d'une rupture de contrat anticipée. Mais à quel prix?

Quel sera le montant de la facture Autolib’ pour les contribuables franciliens? A la lumière du conflit entre le groupe Bolloré et les communes adhérentes au service d’autopartage, la question agite l’opposition autant qu’elle empoisonne les services d’Anne Hidalgo.

Censé être rentable au bout d’une dizaine d’années, selon les prévisions initiales de son propriétaire, Autolib’ s’est en fait révélé structurellement déficitaire. Et le règlement de la dette accumulée fait l’objet d’un sérieux litige entre les différentes parties.

Le contrat de concession, signé en 2011 sous l’ère Delanoé, oblige en effet Bolloré à prendre en charge les pertes à hauteur de 60 millions d’euros maximum. Or, celui-ci estime que le déficit cumulé entre 2011 et 2023 atteindra près de 300 millions d’euros.

Quel prix pour un divorce?

Resterait donc quelque 240 millions à régler d’ici cinq ans, selon Bolloré, un montant exorbitant que refusent de payer les collectivités. Selon Le Monde, Paris aurait proposé de payer, seule, 40 millions d’euros. Ce qu’a refusé Bolloré.

Alors que le conflit s’enlise, l’hypothèse d’une rupture de contrat prend donc de l’épaisseur. Reste à en connaître le coût.

Dans le cas de Velib’ – autre dossier embarrassant pour Paris – celui-ci serait élevé. Car en cas de rupture anticipée, même justifiée, la mairie devrait tout de même indemniser Smovengo pour les "équipements et dispositifs non encore amortis à leur valeur nette comptable pour la durée du marché restant à couvrir", indique le contrat.

Dans le cas d'Autolib', Paris et ses voisines devraient être contraintes de prendre en charge un éventuel démantèlement des installations, mais aussi d'éponger une grande partie des pertes accumulées. Toute la question portera donc sur la réelle ampleur de ces dernières: le syndicat mixte Velib' Autolib' accuse en effet le groupe Bolloré de les gonfler artificiellement.

Le litige pourrait ainsi se régler devant un tribunal, chargé d'évaluer la responsabilité financière de chacun dans ce qui ressemble à un nouveau fiasco.

Contactés, Autolib', le syndicat mixte Velib' Autolib', et la Mairie de Paris n'ont pas souhaité s'exprimer sur la question.

Y.D.