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Atterrissage raté: Boeing doit-il craindre pour ses commandes?

Les Boeing 787 ont été cloués au sol une partie de l'année après deux incidents coup sur coup sur les modèles vendus à Japan Airlines en janvier 2013.

Les Boeing 787 ont été cloués au sol une partie de l'année après deux incidents coup sur coup sur les modèles vendus à Japan Airlines en janvier 2013. - -

Un Boeing 737 de Southwest a raté son atterrissage, ce mardi 23 juillet. Ce nouvel incident technique sur un appareil de l'avionneur américain pourrait avoir des répercussions sur ses ventes.

Nouvel incident pour Boeing. Un 737 de la compagnie américaine Southwest a raté son atterrissage à l'aéroport de La Guardia, à New York, ce mardi 23 juillet. Le train avant de l'appareil s'est affaissé en touchant le sol. 10 des 150 passagers ont été blessés. Un nouveau coup dur pour Boeing dont l'image est déjà écornée par les déboires à répétitions de son dernier-né, le 787 Dreamliner. Les difficultés de Boeing peuvent-elles mener à des annulations de commandes des clients de l'avionneur?

Renaud Abord de Chatillon, professeur d'économie à l'école nationale supérieure des techniques avancées, ne le croit pas un instant. Avec le développement du transport aérien, les commandes d'avions se multiplient actuellement, explique-t-il. "Une compagnie qui annulerait sa commande se retrouverait d'office tout en bas de liste d'attente", rappelle ce spécialiste des transports. De telles décisions, "lourdes de conséquences", n'interviendraient selon lui que si Boeing ne parvenait pas à régler ses problèmes.

Des incidents chroniques qui inquiètent les compagnies

Renaud Abord de Chatillon estime que cet accident montre que "faire des avions extrêmement performants reste, aujourd'hui encore, l'apanage des grandes nations industrialisées". S'il était facile de construire un appareil sans défaut, "la concurrence chinoise ou indienne aurait certainement déjà dépassé Boeing et Airbus", souligne-t-il. Mais aujourd'hui, il l'affirme, l'Américain et l'Européen restent ceux qui "parviennent le mieux à gérer les problèmes techniques".

Loïc Tribot la Spière, délégué général du Centre d'étude et de prospective stratégique, est plus sceptique. Pour lui, "ces incidents qui deviennent chroniques" soulèvent des doutes de la part des compagnies aériennes pour qui "ces petits détails ont leur importance". Ce spécialiste des hautes technologies considère même que les compagnies pourraient désormais "y regarder à trois fois avant de commander ces appareils", et sommer Boeing "de fournir de vraies réponses sur la sécurité".

Pour autant, Loïc Tribot la Spière rappelle que "derrière Boeing, il y a le gouvernement américain", qui saura "se transformer en VRP" pour éviter à son avionneur de perdre des marchés d'avenir, et limiter au maximum d'éventuelles répercussions commerciales...

Mathieu Sevin et Nina Godart