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Après le rejet de la seule offre de reprise, XL Airways en liquidation judiciaire

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- - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Le tribunal de commerce de Bobigny a rejeté la seule offre de reprise déposée. La compagnie aérienne emploie 530 personnes.

Pas de miracle pour XL Airways. Le tribunal de commerce de Bobigny a rejeté la seule offre de reprise déposée et a prononcé sa liquidation judiciaire. La compagnie aérienne emploie 530 personnes.

Placée en redressement judiciaire le 23 septembre dernier, l'entreprise française n'a pas réussi à trouver un repreneur crédible ou le soutien d'Air France réclamé à cor et à cri.

"Très concrètement, au maximum dans 21 jours, les salariés vont être licenciés", a confirmé Aline Chanu, avocate du comité d'entreprise d'XL Airways, présente au tribunal, lors de la publication du jugement.

Gérard Houa, qui était actionnaire minoritaire d'Aigle Azur via sa société Lu Azur, avait déposé la seule offre examinée par le tribunal. Il avait proposé "30 millions d'euros" pour la reprise de la compagnie à bas coût et prévoyait de conserver près de la moitié des effectifs. "L'offre a été considérée comme irrecevable, c'est-à-dire non financée et qu'elle ne permettait "pas d'assurer la pérennité de l'exploitation", a indiqué Aline Chanu.

La compagnie qui a transporté 730.000 passagers en 2018 et qui dessert
principalement les Caraïbes, La Réunion et les Etats-Unis s'était déclarée en cessation de paiement et avait décidé de clouer ses avions au sol.

"L’Etat a soutenu l’entreprise XL Airways dans sa recherche de solutions notamment pour l’aider dans ses discussions en lien avec ses actionnaires et ses principaux fournisseurs, et va continuer de l’accompagner dans la procédure de liquidation", promet Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’Etat chargé des Transports, 

"En particulier, un accompagnement sera mis en place pour les personnels d’XL Airways afin d’assurer un retour le plus rapide possible à l’emploi avec notamment des offres de formations et un travail sur le reclassement", poursuit le secrétaire d'Etat, ajoutant que le gouvernement suit également
"avec la plus grande attention la situation des passagers concernés".

Plus de 10 compagnies européennes ont baissé le rideau en 2018

Selon Laurent Magnin, son PDG, elle est victime de la "concurrence internationale débridée" des "low-cost" long-courriers et du poids des taxes et charges sociales en France, se défendant de toute erreur stratégique.

La compagnie long-courrier, propriété de la holding française DreamJet Participations depuis 2016, avait besoin de 35 millions pour repartir.

Rappelons qu'Aigle Azur, spécialisée dans la desserte du bassin méditerranéen et de l'Algérie, avait aussi été liquidée faute de solution de reprise suffisamment solide pour cette compagnie créée en 1946 et qui employait 1.150 salariés.

En 18 mois, au moins une dizaine de compagnies aériennes ont baissé le rideau en Europe, selon l'Association internationale du transport aérien (Iata). Ces défaillances soulignent les fragilités d'un secteur soumis à une guerre des prix qui fait chuter les plus vulnérables.

Retrouvez ce soir Laurent Magnin sur le plateau d'Inside Week-end à 18h.

OC avec AFP