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Alstom va-t-il récupérer les trains de Bombardier?

Bombardier fournit déjà en partie la SNCF, notamment pour ses lignes franciliennes.

Bombardier fournit déjà en partie la SNCF, notamment pour ses lignes franciliennes. - Hugh Llewelyn - Flickr - CC

Le groupe canadien présent à la fois dans l'aéronautique et le ferroviaire envisage de se désengager de cette deuxième activité. Parmi les scénarios étudiés, figurerait une fusion avec un autre grand acteur du secteur.

Bombardier songe sérieusement à céder ses trains et ses métros. Le groupe canadien surtout connu pour son activité aéronautique étudierait actuellement différentes scénarios pour se désengager du ferroviaire. La cession de cette branche pourrait lui rapporter potentiellement 5 milliards de dollars américains, ce qui lui permettrait de répondre aux défis auxquels elle doit faire face dans l'aérien, croit savoir l'agence Reuters qui mentionne six sources proches du dossier.

Le Canadien, qui officie à la fois dans l'aéronautique et le ferroviaire, collabore avec des banques sur des options stratégiques pour sa division transport ferroviaire, qui fournit des rames de trains et de métros, ainsi que des équipements de signalisation et de contrôle, ont précisé les sources. Les différentes options envisagées comprennent une vente, partielle ou totale, de cette activité, mais aussi une mise en Bourse, selon trois sources qui ont toutes requis l'anonymat.

Une fusion avec un autre acteur du secteur comme l'allemand Siemens ou le français Alstom pourrait être envisagée, ajoute l'une des sources. Selon elle, l'alliance l'année dernière entre les deux plus grands fabricants chinois de trains, CNR et CSR, a poussé le secteur vers un mouvement de consolidation.

Bombardier attendrait qu'Alstom ait bouclé sa restructuration

Les discussions sont à un stade précoce et Bombardier pourrait choisir de patienter jusqu'à ce que des acquéreurs potentiels comme Alstom et Hitachi aient bouclé leurs transactions récentes, ont ajouté les sources, avertissant que l'accord restait incertain.

Bombardier a rencontré d'énormes difficultés dans le développement de son programme d'avions CSeries avec notamment des dépassements de coûts et de nombreux retards, ce qui a fait plonger son cours en Bourse de quelque 38% depuis le début de l'année. Le groupe canadien a surpris les investisseurs en février en annonçant une suspension du versement de dividendes, le remplacement de son directeur général et une augmentation de capital de 600 millions de dollars, ainsi qu'une levée de 1,5 milliard de dollars de dette à long terme.

Bombardier n'a pas souhaité faire de commentaire spécifique sur d'éventuels projets de cession. Isabelle Rondeau, la porte-parole du groupe, se contentant d'affirmer que son groupe était intéressé pour "participer à une consolidation" et que, si de nombreuses options étaient sur la table, il n'y avait pas d'urgence: "Nous allons agir de façon consciencieuse et intelligente pour s'assurer que tout ce que nous ferons créera de la valeur pour nos actionnaires", a-t-elle conclu.

N.G. avec Reuters