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Alstom: sa nouvelle stratégie dans le transport

En cédant une participation minoritaire de sa branche Transport, Alstom cherche à retrouver de la trésorerie.

En cédant une participation minoritaire de sa branche Transport, Alstom cherche à retrouver de la trésorerie. - -

Le géant français des infrastructures, qui publiait ce 6 novembre ses résultats pour le premier trimestre, va céder une part minoritaire de son activité transports. Pour investir encore plus dans le secteur? Patrick Kron répond sur BFM Business.

Le marché achète Alstom ce mercredi. Le spécialiste des infrastructures a publié ce 6 novembre ses résultats du premier semestre. Son chiffre d'affaires, à 9,7 milliards d'euros, est en hausse de 4% par rapport au second semestre 2012. Mais son résultat net baisse de 3%, à 375 millions d'euros, et les commandes ont reculé de 22% par rapport à l'exercice précédent, pour un total de 9,4 milliards.

Insistant sur les points négatifs de son bilan, le groupe annonce la suppression de 1.300 postes en son sein, et la cession d'une part minoritaire dans son activité de transport, une des trois activités du groupe avec les branches énergie et réseau.

Plus qu'une réaction à une situation finalement "loin d'être mauvaise", selon Julien Quistrebert, analyste chez KBL Richelieu, ces manœuvres attestent d'un recentrage stratégique: cap sur les émergents, où les grands projets d'infrastructures se multiplient à mesure qu'ils déclinent en Europe. Le groupe prend par ailleurs acte des grands mouvements dans les transports, un secteur particulièrement stratégique ces temps-ci.

Comme le dit lui-même Patrick Kron, le patron d'Alstom au micro de Stéphane Soumier, de BFMBusiness, si le groupe cherche des partenaires industriels ou financiers sur cette activité, "ce n'est pas parce que la branche va mal, bien au contraire!".

Les actifs de Finmeccanica en ligne de mire?

"La demande en transport et services ferroviaires reste solide, soutenue par les besoins urbains et régionaux en Europe et par le développement des pays émergents", poursuit le patron. En atteste les deux contrats majeurs signés durant le semestre: un pour le métro de Ryad, en Arabie Saoudite, et un autre pour des trains de banlieue en Afrique du Sud, le plus gros de l’histoire d’Alstom, de 4 milliards d'euros.

Dans ce contexte, les actions de cette branche devraient se vendre comme des petits pains, à très bon prix. D'autant que l'annonce intervient à un moment où les mouvements se multiplient dans le secteur. Le rachat d'Invensys par Siemens, pour plus de deux milliards d'euros, montre bien l'appétit des industriels pour le transport.

Patrick Kron compte ainsi "accroître la mobilité stratégique" du groupe. En clair, lui redonner les moyens de prendre des participations ailleurs. Justement, pointe Julien Quistrebert, Finmeccanica, l'industriel italien dont la dette vient d'être placée en catégorie spéculative par les agences de notation, est en pleine cession d'actifs.

Le "Dassault italien" envisagerait de se délester de ses activités de transport ferroviaire, Ansaldo Breda et Ansaldo Sts. Le marché "plébisciterait une prise de participation d'Alstom dans ces actifs", souligne le gérant chez KBL. Mais il lui faudra suffisamment de trésorerie pour concurrencer Hitachi ou General Electric, déjà sur les rangs…

Nina Godart