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Airbus s'attend à une baisse de sa production de 40% au cours des deux ans à venir

Airbus

Airbus - Jean-Vincent Reymondon / Airbus / AFP

Le groupe aéronautique, tributaire de la bonne santé des compagnies aériennes, va traverser une grave crise, qui devrait entraîner un vaste plan social. "Il en va de la sécurité de notre avenir" justifie son patron Guillaume Faury, au journal allemand Die Welt.

En prenant la tête du groupe Airbus, l'année dernière, Guillaume Faury ne s'attendait probablement à traverser une telle crise. Malgré des carnets de commande pleins, et des années de croissance en perspective, le constructeur européen joue sa survie. Il s'attend ainsi à réduire de 40% sa production dans les deux années à venir, explique Guillaume Faury, au journal allemand Die Welt.

"Nous ne pouvons pas nous dissocier de l’évolution des compagnies aériennes" explique le Français. Avec leurs avions cloués au sol pendant plusieurs mois, ces dernières sont dans une situation très compliquée et la plupart ne doivent leur survie qu'aux plans de soutiens étatiques. 

Suppressions de postes à venir

"La crise de l'industrie est énorme. Nous devons y réagir et nous adapter" poursuit Guillaume Faury qui annoncera ses décisions sur un inévitable plan social fin juillet. "Il en va de la sécurité de notre avenir" a martelé le patron. Le groupe emploie environ 90.000 personnes dans sa division d'avions commerciaux. Des suppressions à hauteur de 12.000 à 15.000 postes ont été évoquées dans la presse. 

La direction examinera aussi de près chaque site industriel "pour voir si les coûts peuvent y être réduits" souligne Guillaume Faury. Pour le moment, l'idée reste de "livrer tous les modèles, mais à un rythme plus lent."

L'avion "vert"

Et il faudra encore attendre avant qu'Airbus ne retrouve son rythme de croisière. "Nous supposons que le volume précédent sera de retour d'ici 2025 au plus tard" explique Guillaume Faury. Avec une reprise plus rapide sur les petits modèles que sur les gros porteurs. "Une vague de remplacement importante est attendue pour le Boeing 777 et l'Airbus A330, mais elle est encore loin."

D'ici là, Airbus va plancher sur le fameux avion "vert", censé voir le jour d'ici 2035. "Il existe différentes voies technologiques. Rien n'a encore été décidé. Nous étudions davantage d'énergie électrique à bord, divers carburants sans CO2 et l'hydrogène" explique le patron. "Nous voulons pouvoir prendre une décision d'ici 2025."

Thomas Leroy