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Airbus pourrait supprimer 10.000 emplois pour résister à la crise

L'avionneur européen en difficulté préparerait un important plan de restructuration. Il pourrait déboucher sur une réduction de 7 à 10% de ses effectifs.

Fin avril, Airbus préparait le terrain. Dans une lettre adressé aux 135.000 employés envoyée, le président exécutif de l'entreprise, Guillaume Faury, écrivait qu'Airbus "perd de l'argent à une vitesse inédite". Il demandait aux employés se préparer à des réductions d'emplois potentiellement plus importantes qu'annoncées. "La survie d'Airbus est en jeu si nous n'agissons pas maintenant", ajoutait-il.

Ces réductions d'emplois pourraient arriver plus vite que prévu. Selon des sources proches du secteur citées par Reuters, l'avionneur européen réfléchit à une restructuration qui pourrait impliquer des licenciements "importants" mais aucune décision définitive n'a été prise.

Le quotidien britannique The Telegraph, citant des sources non identifiées, écrit que l'avionneur européen s'apprête à supprimer 10.000 emplois voire jusqu'à 10% de ses effectifs. Pour mémoire, Airbus emploie quelque 136.500 salariés selon les données Refinitiv.

La crise s'accentue

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès de la direction du groupe, tenu par le droit français d'informer au préalable les organisations syndicales représentatives. L'avionneur européen pourrait informer les syndicats de ses propositions vers la fin du mois.

Jusqu'à présent, Airbus a déclaré qu'aucune décision importante ne serait prise avant l'été, mais la crise du transport aérien s'est encore accentuée ces dernières semaines et les appels à l'aide des compagnies et des fournisseurs se multiplient.

Le président exécutif d'Airbus, Guillaume Faury, devrait faire un point jeudi avec les cadres dirigeants du groupe. Selon des sources syndicales, une réunion est également prévue jeudi pour discuter des mécanismes de chômage partiel.

Chômage partiel

Le mois dernier, Reuters a rapporté qu'Airbus pourrait mettre en oeuvre un plan de restructuration comparable à son plan "Power8" de 2007, qui avait entraîné 10.000 suppressions d'emplois chez Airbus et ses sous-traitants.

Pour l'heure, l'avionneur s'appuie sur les dispositifs de chômage partiel mis en place par les gouvernements français, allemand et britannique pour éviter des licenciements. Il a également demandé à ses employés de prendre dix jours de congés payés pendant le confinement.

Au premier trimestre, son chiffre d'affaires a reculé de 15%, à 10,63 milliards d'euros et le résultat opérationnel ajusté a chuté de 49% pour tomber à 281 millions d'euros. Le géant européen accuse ainsi une perte nette de 481 millions d'euros contre un bénéfice de 40 millions à la même époque un an plus tôt. La position de trésorerie s'est aussi fortement dégradée, avec un free cash flow négatif à hauteur de 8,5 milliards d'euros.

Le maire de Toulouse inquiet

Interrogé sur BFM Business, le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, n'a pas caché son inquiétude. "A Toulouse, le secteur aéronautique sur la métropole, c'est autour de 60.000 emplois" rappelle-t-il dans Inside, ce jeudi. "Je mentirais si je ne vous disais pas que j'étais inquiet" mais "je vois que l'Etat est conscient" de la situation.

"Airbus et toute la filière aéronautique, c’est d'abord un fleuron de l'excellence française" poursuit-il. "C'est un instrument de puissance de notre pays et de l'Europe. Et c'est un enjeu de souveraineté."

OC