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Air France souhaiterait se positionner sur le low cost long-courrier

Selon un document que s'est procurée La Tribune, la compagnie française souhaite "observer et prendre position sur le low cost long courrier".

À compter du mois de mars, Joon, filiale à coûts réduits d’Air France, proposera ses premiers vols long-courrier à destination des Seychelles ou encore du Brésil. Objectif pour la compagnie: regagner le terrain perdu par Air France sur de nombreuses lignes où les low cost comme Norwegian font le plein.

Seulement voilà, comme l’affirmait Frank Terner, directeur général d’Air France, fin septembre: "Joon n’est pas une compagnie low cost". Et pour cause, la filiale présenterait des coûts inférieurs de 10% à ceux d’Air France sur le long-courrier, quand les low cost long-courrier existantes affichent des coûts 20 à 30% plus faibles que ceux des compagnies classiques.

"Observer et prendre position"

Dès lors, Air France envisagerait de se lancer à son tour sur le marché du low cost long courrier où sont déjà implantées des compagnies comme Norwegian ou Eurowings, filiale de Lufthansa. Selon La Tribune, le sujet devrait être évoqué à l’occasion du comité central d’entreprise d’Air France qui se tiendra ce mardi.

"Nous devons observer et prendre position sur le low cost long-courrier. Tout en conduisant le travail engagé pour définir la stratégie à moyen terme du groupe d'ici juin 2018, il est indispensable d'être réactif face au rythme accéléré de ces évolutions et de pouvoir agir", indique la direction, appelant "à la vigilance avec l'émergence du modèle low cost long-courrier" dans un document que s’est procuré La Tribune.

50% des vols long courrier en low cost à l'avenir

Encore timide, le marché du low cost long courrier pourrait atteindre prochainement "les 2% des capacités mondiales exprimées en sièges-kilomètres-offerts", estime la compagnie française. De son côté, le directeur commercial d’Airbus, John Leahy, table sur un marché amené à représenter plus de 50% du long courrier à l’avenir.

Reste à discuter de la méthode. Trois options s’offrent à Air France pour se lancer sur ce créneau: le rachat d’une compagnie existante, l’acquisition de nouveaux avions permettant à sa filiale Transavia de proposer une offre long-courrier ou la création d’une nouvelle filiale. Cette dernière hypothèse paraît peu crédible au vu des difficiles et longues négociations qui ont tendu les relations entre la direction et les syndicats pendant des mois pour la seule création de Joon.

P.L