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Air France HOP, premier plan de départ de l'ère Ben Smith

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- - AFP/JOEL SAGET

L'annonce d'un plan de départ volontaire risque de tendre le climat social.

Air France a annoncé aujourd'hui un plan de départ volontaire. 465 postes sont concernés, principalement des emplois au sol dans une quinzaine d'escales: (Orly, Marseille, Ajaccio, Bastia, Nice, Strasbourg ,Toulouse, Bordeaux, Lyon, Toulon, Mulhouse, Nantes, Montpellier... ). Il s'agit de restructurer l'activité court-courrier afin de dégager des marges de manoeuvres pour contribuer au redressement de sa fililale régionale Air France Hop.

Issue d'une fusion entre les compagnies Regional, Airliner et Britair, Air France HOP ne parvient pas à relever la tête. Sa flotte d'avions disparate et vieillissante augmente les coûts de maintenance, les appareils n'ont qu'une centaine de places et surtout, HOP doit à la fois lutter contre le TGV et la concurrence des low cost. "Même KLM Cityhopper, la filiale régionale de KLM", explique un cadre de la compagnie, "vient nous subtiliser des clients depuis et vers Amsterdam". 

Dans un communiqué, AirFrance explique que "L'activité domestique a enregistré une perte de 189 M€ en 2018, en forte détérioration par rapport à 2017 (96M€). Depuis 2013, les pertes cumulées s'élèvent à 717M€". 

"Le climat est pré-insurrectionnel"

Parmi les presque 3000 salariés d'Air France Hop, le climat est "pré-insurrectionnel" assure une source interne, "et un préavis de grève est même déjà rédigé." PNC et pilotes semblent bien décider à demander des gages à la direction. Beaucoup souhaitent être intégrés à Air France comme l'ont été les employés de la filiale JOON.

Ces derniers jours, ce sont les pilotes d'Air France qui ont donné de la voix: ils protestaient contre la création d'une branche commune dans l’aérien; une disposition de la loi d'orientation des mobilités, finalement mise de côté par le gouvernement. Le préavis de grève à été levé.

Si jusqu'à présent Benjamin Smith à réussi à apaiser le climat social dans l'entreprise, les choses semblent donc de tendre de nouveau. Les mauvais résultats du groupe et les relations compliquées avec KLM n'arrangent rien. Sans parler de la réforme des retraites qui se profile.

La direction redoute plus que tout un conflit social qui viendrait de nouveau écorner l'image d'Air France. D'ailleurs, explique un syndicaliste, "les salariés ont reçu des consignes pour éviter de s’exprimer publiquement. "

Ben Smith a promis de faire "cesser ces luttes internes qui offrent les clients d'Air France, sur un plateau, à la concurrence". Un objectif très délicat à concilier avec sa stratégie de réduction des coûts.