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Aigle Azur, vers une vente à la découpe?

Les candidats se bousculent pour la reprise d'Aigle Azur, alléchés par les 10.000 créneaux horaires que détient la compagnie à l'aéroport d'Orly. Mais aucun d'entre eux ne peut, ou ne veut, reprendre l'intégralité de son activité.

Les candidats à la reprise d'Aigle Azur avaient jusqu'à minuit pour présenter leurs offres améliorées. Quatorze offres ou marques d'intentions ont été déposées en début de semaine mais aucune n'a encore été jugée recevable par l'administrateur judiciaire. Le tribunal de commerce d'Evry tranchera lundi prochain. Si aucune offre n'est retenue par la justice, Aigle Azur sera vendue "à la découpe".

Dans ce type de situation, selon la règle habituelle, les créneaux horaires détenus par la compagnie tombent dans un "pot commun" avant d'être redistribués par un organisme, la Cohor (Association pour la coordination des horaires). Sauf que, dans ce cas précis, selon nos informations, les 10.000 créneaux aujourd'hui détenus par Aigle Azur seront en fait consignés pendant environ un mois.

Une certaine "souplesse", nous explique-t-on, le temps de laisser à ceux qui ont déposé des dossiers la possibilité de faire des offres sur telle ou telle partie de l'activité d'Aigle Azur. Le moyen-courrier pour certains, le long-courrier pour d'autres. Seule obligation: racheter des pans entiers de l'activité, c'est-à-dire les avions et le personnel pour les faire voler. Impossible de racheter seulement les fameux créneaux horaires. C'est la règle de "la branche autonome d'activité", comme l'explique la Tribune.

"Un trop gros effort"

A l'heure actuelle, personne ne semble vouloir reprendre l’intégralité d'Aigle Azur, Air France en tête. Selon une source proche du dossier, la compagnie a des "intérêts défensifs" dans ce dossier. En clair, elle doit tout faire pour que les 10.000 créneaux – le trésor d'Aigle Azur – n'aillent pas à la concurrence. Ce serait une catastrophe pour Air France au moment où le groupe souhaite développer sa compagnie low-cost Transavia à Orly.

Mais, malgré l'enjeu pour Air France, reprendre l’intégralité d'Aigle Azur et ses 1200 salariés représenterait "un trop gros effort", assure une autre personne proche du dossier. Difficile en effet d’intégrer des personnels qui, pour certains, seraient obligés de recommencer en bas de l’échelle ou d'autres, confie cette même source, "qui ne parlent même pas anglais".

Jean-Baptiste Huet