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Aigle Azur: C'est "compliqué de trouver un avenir" aux petites compagnies, alerte Jean-Pierre Nadir

Le fondateur d’EasyVoyage et grand connaisseur du secteur aérien rappelle que les petites compagnies aériennes dépendent beaucoup des tour-opérateurs. Un business model qui s'effrite.

Quel est l'avenir pour les petites compagnies aériennes? C'est la grande question que posent les difficultés d'Aigle Azur. Que ce soit du côté du low-cost ou des compagnies traditionnelles, nombre d'entre elles se sont retrouvés ces derniers mois. L'année 2018 a même été une hécatombe avec des faillites en pagaille : Germania, Cobalt Air, Primera Air…

"Le secteur aérien est un secteur extrêmement difficile, extrêmement compliqué, donc sur lequel il est difficile de gagner de l'argent", explique Jean-Pierre Nadir, fondateur d’EasyVoyage et grand connaisseur du secteur, sur le plateau de Good Morning Business ce lundi sur BFM Business. "Mais bizarrement, c'est un métier qui attire beaucoup d'industriels et qui, périodiquement, voit des compagnies effectivement fleurir parce que, apparemment, il y aurait un prestige à être patron d'une compagnie aérienne."

Fin d'un business model

Surtout, c'est le modèle économique de ces entreprises qui semble avoir disparu. "Fût un temps, il y avait un modèle industriel qui associait les tour-opérateurs et les compagnies", poursuit Jean-Pierre Nadir. "Aujourd'hui, effectivement, c'est fini. Ce modèle-là, on voit que les grands tour-opérateurs se désengagent de leur compagnie aérienne, c’est le cas de TUI (…) et de Thomas Cook." Les deux entités ont effectivement connu de grandes difficultés financières ces derniers mois.

De quoi fragiliser Aigle Azur qui s'appuyait beaucoup sur ce modèle. "Ces petites compagnies vivaient des sièges que leur achetaient par avance les tour-opérateurs" insiste Jean-Pierre Nadir. "Sauf que maintenant, il y a pléthore de sièges, et avec le modèle de low-cost, on a plus vraiment besoin de ces petites compagnies, qui apportaient un complément de sièges sur telle ou telle destination. Donc, c'est vrai que cela devient très compliqué de trouver un avenir à des compagnies qui ne sont pas associées à un groupe" conclut-il.

Thomas LEROY