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2012, annus horribilis pour PSA

PSA Peugeot Citroën a annoncé la plus lourde perte de son histoire, à 5 milliards d'euros.

PSA Peugeot Citroën a annoncé la plus lourde perte de son histoire, à 5 milliards d'euros. - -

Le constructeur automobile français a annoncé une perte nette de cinq milliards d'euros, mercredi 13 février. La CGT, elle, accuse la direction de "noircir le tableau".

Pour PSA, 2012 a viré au cauchemar. Un marché automobile en berne, des conflits sociaux dont l’issue tarde à se dessiner, et enfin de lourdes dépréciations d’actifs. Ce qui a conduit le constructeur français à annoncer, mercredi 13 février, la plus grosse perte de son histoire.

Au total, cinq milliards d’euros de perte nette, alors que le groupe avait réalisé un bénéfice de 588 millions en 2011. PSA a aussi vu son résultat opérationnel plonger dans le rouge de 576 millions (contre un bénéfice de 1,09 milliard en 2011).

Ces résultats "reflètent la détérioration de l'environnement dans le secteur automobile en Europe", a commenté le président du directoire de PSA, Philippe Varin, dans un communiqué.

Peugeot va monter en gamme

Malgré tout, la direction de PSA a voulu se montrer optimiste pour les années à venir, maintenant ses prévisions pour 2013. Et s’est presque félicitée du travail fourni par le groupe en 2012. "Nous avons atteint ou dépassé les objectifs que nous nous étions fixés pour 2012", a souligné son directeur financier Jean-Baptiste de Chatillon, en référence à la cession de plusieurs actifs pour plus de 2 milliards d’euros, et à la réduction de ses coûts de 1,2 milliard.

Cette année, PSA prévoit encore de vendre des actifs immobiliers mais indique, en revanche, que sa filiale Faurecia "n'est pas à vendre".

Ces mesures, combinées à l'alliance stratégique conclue en février 2012 avec le géant américain General Motors, doivent lui permettre de rebondir, assure Philippe Varin. "Aujourd'hui, les fondations de notre rebond sont posées".

PSA va aussi repositionner ses deux marques pour mieux les différencier. "Chaque marque aura un positionnement clarifié dès les prochains lancements de véhicules", renchérit Jean-Baptiste de Chatillon. Peugeot "monte en gamme", tandis que la gamme Citroën va se diviser en deux lignes, DS et C. PSA mise aussi beaucoup sur la Chine, la Russie et le Brésil.

La CGT dénonce "un jeu d'écriture comptable"

De son côté, la CGT conteste les résultats dévoilés ce mercredi. "Nous contestons formellement ces chiffres", a indiqué à l'AFP Jean-Pierre Mercier, délégué syndical à l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).
"Quand on analyse la situation, on note qu'il y a 4,7 milliards d'euros de dépréciations d'actifs, qui sont purement un jeu d'écriture comptable. Les 300 millions d'euros restants ont été provisionnés pour financer les 11 000 suppressions d'emploi", selon lui.

"Ce n'est pas de l'argent qui est sorti du groupe (...) Comme d'habitude, le direction fait un effet d'annonce, elle veut noircir le tableau pour justifier l'injustifiable", a-t-il ajouté. "Il y a de l'argent pour financer le maintien de l'emploi à Aulnay-sous-Bois et à Rennes".

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