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Vivendi revoit ses prévisions à la baisse

Le directeur financier Philippe Capron et le président du directoire Jean-François Dubos présentant les résultats 2012

Le directeur financier Philippe Capron et le président du directoire Jean-François Dubos présentant les résultats 2012 - -

Le groupe a abaissé ses prévisions 2013 pour SFR, Canal Plus et GVT. D'ores et déjà, il affiche des résultats en recul au premier semestre.

L'histoire se répète. En 2002, lorsqu'il est arrivé à la tête de Vivendi, Jean-René Fourtou avait vendu ce qui était vendable. Il s'était alors retrouvé avec sur les bras des actifs télécoms et médias sans grande cohérence, et donc subissant en bourse une importante décote de holding.

Dix ans plus tard, Jean-René Fourtou a tenté de se recentrer sur les médias et de sortir des télécoms. C'était la stratégie annoncée en décembre.

Mais "JRF" n'y est pas arrivé. Finalement, il a, à nouveau, vendu ce qui était vendable: l'opérateur Maroc Télécom et l'éditeur de jeux vidéo Activision Blizzard. et il a gardé ce qui n'a pas trouvé preneur: les opérateurs télécoms SFR et GVT.

Eviter les questions

Peut être pour éviter toute question sur ces errements stratégiques, les dirigeants du groupe ont choisi pour la première fois de ne pas tenir de conférence de presse à l'occasion de leurs résultats semestriels, parus jeudi 29 août. Ils se sont contentés d'une conférence téléphonique avec les analystes, où la stratégie du groupe n'a quasiment pas été abordée.

Le président du directoire, Jean-François Dubos, a juste souligné qu'Activision Blizzard a été revendu à bon prix. Alors que fin 2012, le même Jean-François Dubos se félicitait de posséder cet éditeur de jeux vidéo, et excluait de vendre un actif média...

Assez logiquement, les actifs qui ont été cédés étaient de bonne qualité, et notamment très rentables. Vivendi se retrouve donc sur les bras avec des actifs en situation souvent difficile.

Les résultats annoncés jeudi, qui ne portent que sur les actifs qui ont été conservés, ne sont donc pas brillants. Le cours de bourse a même ouvert en recul de -1,8%, avant de repasser dans le vert.

Chiffres en recul

"Ces résultats sont difficiles, car les chiffres sont en recul", a admis le directeur financier, Philippe Capron, mettant cela sur le compte d'un "environnement économique difficile". En effet, le chiffre d'affaires recule de -1,5%, et le bénéfice opérationnel de -27%.

Principal coupable: SFR, dont le chiffre d'affaires recule de -11%, et le bénéfice opérationnel de -27%. Toutefois, l'opérateur mobile a réussi à engranger 809.000 abonnés nets au premier semestre.

Pour ne rien arranger, les prévisions pour l'exercice 2013 ont été revues à la baisse. L'excédent brut d'exploitation de SFR ne sera que de 2,8 milliards d'euros, et non de 2,9 milliards. La croissance de l'opérateur mobile brésilien GVT ne sera pas supérieure à +20%, mais seulement de +15%. Enfin, le bénéfice opérationnel de Canal Plus sera inférieur de 20 millions d'euros à la prévision, qui était de 670 millions.

En revanche, les prévisisons sont maintenues pour la musique (Universal), qui affiche une belle croissance au premier semestre (+16%).

Jamal Henni