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Visite guidée de la Maison du Bitcoin, un incubateur de start-up

Le bâtiment, situé dans le deuxième arrondissement de Paris, est le premier de ce genre en Europe.

Le bâtiment, situé dans le deuxième arrondissement de Paris, est le premier de ce genre en Europe. - -

Le premier bâtiment dédié à la monnaie virtuelle a ouvert à Paris cette semaine. Cette start-up veut aider professionnels et amateurs à se lancer dans le monde du bitcoin.

Un bâtiment sur deux étages et cinq employés, en plein cœur du deuxième arrondissement parisien: les fondateurs de la Maison du bitcoin, qui a ouvert ses portes mardi 13 mai, Thomas France et Eric Larchevêque, ont vu les choses en grand.

Au rez-de-chaussée du centre, 35, rue du Caire, les visiteurs lambda peuvent acheter leurs premières pièces numériques, et apprendre à les sécuriser, pour éviter le genre de crash qui a touché le site d'échange MtGox.

On y trouve même le premier distributeur automatique de bitcoin de France, qui a été examiné par l'ACPR, le régulateur des banques, pour l'occasion.

Au sous-sol, des start-up louent l'espace pour développer des produits liés aux cryptomonnaies et bénéficier de l'aide d'ingénieurs spécialistes.

Une entreprise en fonds propres

La vente de l'entreprise précédente des deux fondateurs, Prixing, en décembre 2013, finance le projet. Ces fonds propres permettent à la Maison du bitcoin de respirer: "Notre premier objectif est d'arriver à l'équilibre", explique Eric Larchevêque. "Mais on veut se donner du temps avant de se focaliser sur quelques projets."

Les adeptes du bitcoin pensent en effet que la monnaie a un potentiel tel que les entreprises pourraient se multiplier autour d'elle. Déjà six startups françaises, présentes à l'ouverture du centre, proposent d'aider les utilisateurs à garder leurs bitcoins ou de faciliter leurs transactions.

Les visiteurs, pour la plupart de jeunes ingénieurs informaticiens, croient aussi à son potentiel. "J'ai été conquis. Je fais des sites, et pour le paiement en ligne, cela permet de se lancer sans avoir à payer des commissions énormes à une banque", explique Jonathan Dizdarevic, développeur web.

Le monde de la high tech n'est pas unanime

Selon ce jeune enthousiaste, le bitcoin reste encore un secteur à explorer. "Je bosse avec plein de développeurs qui me prennent pour un fou", reconnaît-il en riant.

La Maison du bitcoin lui permet donc de rencontrer d'autres passionnés: "C'est super encourageant, et ça peut aider. Aujourd'hui, personne ne sait encore ce que c'est".

L'enthousiasme des adeptes peut parfois dépasser l'entendement du commun des mortels. "Avec bitcoin, on pourrait transférer de l'argent sur Mars", s'exclame un de ses plus fervents supporters. "Aucune banque traditionnelle ne peut proposer ça!"

Certains visiteurs sont plus prudents. Pierre Kouang, un développeur qui travaille de l'autre côté de la rue, était curieux de voir ce qui se construisait.

S'il reconnaît un "potentiel" au bitcoin, selon lui, "la barrière d'adoption est encore trop élevée": la technologie est trop complexe pour être utilisée par tous. Mais l'idée de la Maison du bitcoin l'intéresse: "C'est rare qu'il y ait un projet qui bouge à Paris", reconnaît-il.

Le matériel de création de bitcoin ("mining") exposé par la maison. Sorti des cartons pour l'ouverture, il est vieux de six mois: "C'est une pièce de musée", selon les amateurs.
Crédit photos: Joseph Sotinel

Joseph Sotinel