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Une filiale de Samsung perquisitionnée

Samsung est également au coeur d'une vaste affaire de corruption

Samsung est également au coeur d'une vaste affaire de corruption - JUNG Yeon-Je / AFP

Cette perquisition a lieu dans le cadre d'une enquête d'abus de biens sociaux. Des millions d'euros auraient ainsi été détournées pour financer la rénovation de la maison du président du groupe sud-coréen.

Le siège d'une filiale de Samsung a été la cible d'une perquisition mercredi dans une enquête sur des soupçons d'abus de biens sociaux qui auraient servi à financer la rénovation de la maison du patron du groupe, a annoncé la police.

Une porte-parole de Samsung C&T, une des plus grandes filiales de Samsung Group, a confirmé qu'une dizaine d'enquêteurs s'étaient présentés au siège de sa division "construction" dans la banlieue nord de Séoul.

"L'entreprise est soupçonnée d'avoir détourné des milliards de wons (des millions d'euros) de fonds appartenant à l'entreprise, pour des travaux de rénovation de la résidence privée du président Lee Kun-Hee", a déclaré un détective à l'AFP.

Sulfureux chaebols

Terrassé en 2014 par une crise cardiaque, Lee Kun-Hee est depuis alité.

Son fils Lee Jae-Yong, l'héritier du groupe, a été condamné en août à cinq ans de prison pour son rôle dans le retentissant scandale de corruption qui a coûté son poste à la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye. Son procès en appel est en cours.

Lee Jae-Yong est vice-président de Samsung Electronics, premier fabricant mondial de smartphones et navire-amiral du groupe fondé par son grand-père en 1938.

Les "chaebols", ces empires industriels familiaux qui ont largement contribué à l'essor économique spectaculaire de la Corée du Sud, ont une longue histoire de relations sulfureuses avec la justice.

Des soupçons d'évasion fiscale

Nombre de leurs figures de proue ont été rattrapées par des faits de corruption, d'abus de biens sociaux ou d'évasion fiscale. Mais quand ils sont condamnés en première instance, ils bénéficient souvent de décisions clémentes en appel.

La police a annoncé mardi qu'un mandat d'arrêt avait été demandé contre le président de Hanjin Group, Cho Yang-Ho, soupçonné d'avoir utilisé pour des travaux dans sa maison en 2013 trois milliards de wons (2,25 millions d'euros) qui avaient été alloués par son groupe à la construction d'un nouvel hôtel.

Bien que totalement distinctes, les deux enquêtes ont une même origine, puisque les soupçons sont nés d'investigations pour évasion fiscale lancées contre une entreprise renommée de design intérieur.

Les médias sud-coréens pensent que de cette enquête souche devraient émaner des investigations contre d'autres conglomérats.

J.M. avec AFP