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Un syndicat d'Orange dit "oui, mais" à un accord avec Bouygues

Dans une lettre ouverte au PDG d’Orange, Stéphane Richard, l’Adeas (l’association pour la Défense de l’Epargne et de l’Actionnariat des Salariés d’Orange) et la CFE-CGC d’Orange, se disent favorables au rachat de Bouygues Telecom, tout en posant leurs conditions.

Dans une lettre ouverte au PDG d’Orange, Stéphane Richard, l’Adeas (l’association pour la Défense de l’Epargne et de l’Actionnariat des Salariés d’Orange) et la CFE-CGC d’Orange, se disent favorables au rachat de Bouygues Telecom, tout en posant leurs conditions. - Eric Piermont-AFP

La CFE-CGC ainsi que les salariés actionnaires d'Orange sont favorables au retour à trois opérateurs. Mais ils émettent des conditions à leur soutien au rachat de Bouygues Telecom.

Les salariés actionnaires et la CFE-CGC d'Orange expriment pour la première fois, leur opinion sur un éventuel accord avec Bouygues, tout en posant leurs conditions.

Dans une lettre ouverte cosignée par ces deux instances et adressée à Stéphane Richard, ils donnent leur accord de principe, considérant qu’un retour à trois opérateurs sur le marché français "constitue un retour à la raison". Cet assentiment est cependant assorti de plusieurs conditions énoncées comme autant de souhaits exprimés fermement, à défaut d'être des revendications.

Tour d'abord, ils considèrent que, "quel que soit le prix final et le montage financier de l’opération, il ne serait pas acceptable qu’elle entraîne un accroissement de notre endettement". De même, les deux signataires de la lettre ouverte, considèrent "qu'il n’est pas envisageable qu’à la demande des autorités de la concurrence, des actifs actuellement propriété d’Orange soient cédés à des tiers". 

Alors que des négociations en cours impliqueraient des cessions d'actifs de Bouygues Télécom, il leur "apparaît impératif que ces salariés puissent disposer d’un droit à rester au sein de l’entreprise Orange dans le cadre d’un dispositif négocié".

Les conditions de travail chez SFR et Free

Ils font alors une allusion très directe aux conditions de travail, chez les deux repreneurs possibles de ces actifs : "Les conditions de travail chez les autres opérateurs sont connues et peuvent conduire certains salariés à ne pas souhaiter poursuivre leur carrière professionnelle chez les acheteurs des autres actifs, dont la culture d’entreprise est très différente de celles en vigueur tant chez Bouygues que chez Orange". Les dirigeants de SFR et Free apprécieront...

Enfin, la CFE-CGC et l'Adeas (association pour la défense de l'épargne et l'actionnariat des salariés d'Orange), militent pour un renforcement de l’actionnariat salarié chez Orange, "au travers d’offres réservées aux personnels plus généreuses, à l’image de ce qui se pratique... chez Bouygues".

Un satisfecit inattendu en faveur de la politique d'actionnariat salariés du groupe de BTP. Il s'est dit, que les salariés de Bouygues, qui détiennent 23,31% du capital et 30,55% des droits de vote, auraient pesé lourd dans le rejet de la proposition de rachat, en juin 2015, de Bouygues Telecom, par Altice, le groupe de Patrick Drahi.

F.Bergé