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Uber: le médiateur reconnaît "l'impossibilité" de sa mission

Jacques Rapoport, le médiateur chargé d'apaiser les tensions entre Uber et les représentants de chauffeurs, a constaté un "climat de défiance intense".

Jacques Rapoport, le médiateur chargé d'apaiser les tensions entre Uber et les représentants de chauffeurs, a constaté un "climat de défiance intense". - François Guillot - AFP

Sur son blog, le médiateur Jacques Rapoport reconnaît "l’impossibilité" de réconcilier les syndicats de chauffeurs avec Uber, même s'il considère que les deux parties ont pu dialoguer.

La mission de Jacques Rapoport s'est terminée avec la rencontre entre Uber et les six organisations qui représentent les chauffeurs de VTC. La filiale française du groupe américain a confirmé son intention d'aider les chauffeurs en difficulté. Dans les conclusions publiées sur son blog, le médiateur considère que c'est une "proposition satisfaisante", mais admet qu'elle ne répond pas aux demandes des chauffeurs qui réclament une baisse de la commission et une hausse du tarif minimum.

Jean-Luc Albert, de l'association Actif-VTC, estime que "les raisons du conflit ne sont pas résolues". Pour Sayah Baaroun (Unsa-VTC), c’est même un "enfumage total" et "la médiation n'a pas réussi son objectif". Un constat que partage le médiateur lui-même, Jacques Rapoport.

Un "climat de défiance intense"

Sur son blog, l'ex-président de SNCF Réseaux reconnaît en effet "l’impossibilité" de réconcilier Uber et les organisations de VTC. "L’obtention d’un accord général reste inaccessible" à cause du "climat de défiance intense". D’un côté, des chauffeurs "frustrés par [le] mode de décision unilatérale [d’Uber], notamment sur les tarifs et les déconnexions". De l’autre, une entreprise privée qui veut maîtriser sa stratégie commerciale.

Jacques Rapoport conclut finalement que selon lui, "les positions d’Uber et des associations de chauffeurs paraissent irréconciliables". Avant de remettre son rapport à Alain Vidalies, ministre des Transports, Jacques Rapoport "recommande au gouvernement d'avoir une disposition législative sous le coude".

Il espère toutefois que le "législateur puisse intervenir en fixant un barème minimal". Une manière de réglementer les VTC comme c’est le cas pour les taxis. Le gouvernement pourra-t-il créer un nouveau cadre avant l'élection présidentielle? 

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco