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Uber attaqué en justice par 10 chauffeurs

Les dix chauffeurs demandent la requalification de leur contrat en contrat de travail de droit commun. L'audience aura lieu le 18 décembre prochain.

C’est la première fois qu’une action collective de ce genre est organisée en France contre la compagnie américaine de VTC. Dix chauffeurs ont décidé d’attaquer en justice Uber, selon une information d’Europe 1 que nous sommes en mesure de confirmer. Ils réclament notamment la requalification de leur contrat en contrat de travail de droit commun.

"Les avocats qui défendent ce dossier estiment que les chauffeurs sont beaucoup trop dépendants d’Uber et ne récoltent pas les fruits de l’entrepreneuriat", explique la radio.

Invité sur notre plateau, Sayah Baaroun, secrétaire général du syndicat des chauffeurs privés VTC, a indiqué que l’objectif de cette action en justice "est de dire qu’un chauffeur qui travaille 60 à 70 heures par semaine pour 1200 euros net, qui ne décide absolument rien et qui assume toutes les conséquences de son travail ne peut pas rester dans cette situation".

"Ce n'est pas cohérent"

Selon lui, deux options sont possibles: "Soit Uber, Le Cab ou Chauffeur Privé continuent à décider de tout et dans ce cas les chauffeurs sont leurs salariés. Ou bien, on reprend notre indépendance réellement et en tant que chef d’entreprise, nous décidons et vous vous appliquez en tant que personne de mise en relation".

Et d’ajouter: "Il faut absolument éclaircir cette zone grise, ce statut pour lequel on nous dit 'Devenez patron mais vous ne décidez de rien, c’est nous qui décidons'. Ce n’est pas cohérent, ça ne marche pas", explique Sayah Baaroun, déplorant une situation qui va conduire à l'avenir selon la Chambre des métiers de Seine-Saint-Denis à la disparition de "56% des chauffeurs".

Selon Europe 1, l’audience devant le conseil des prud’hommes se déroulera à Paris le 18 décembre prochain. Dans un communiqué, le groupe américain a tenu à rappeler que "des milliers de chauffeurs utilisent l'application pour leur permettre de décider où, si et quand ils veulent conduire". "Le conseil des prud'hommes de Paris a déjà confirmé à deux reprises que les chauffeurs utilisant l'application sont des indépendants", a ajouté Uber.

P.L