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Thierry Breton veut une constellation de satellites européenne pour l'internet haut débit

Thierry Breton

Thierry Breton - AFP

Dans Le Figaro, le commissaire européen plaide pour davantage de souveraineté européenne sur le plan spatial, alors que certains Etats sont tentés de réduire la voilure sur ce volet.

L'Union européenne doit disposer de sa propre constellation de satellites pour fournir de l'internet à haut débit et renforcer ainsi son autonomie stratégique, a affirmé mercredi au journal Le Figaro le commissaire européen Thierry Breton, qui veut "proposer rapidement" ce projet.

"L'Europe est autonome dans la navigation par satellite, avec Galileo, et dans l'observation de la Terre et la surveillance, avec Copernicus", plaide le commissaire au Marché intérieur, chargé notamment des questions spatiales.

Mais pour développer l'économie numérique, il juge également "souhaitable qu'elle se dote, dans la décennie qui vient, d'un système de satellites alliant des satellites géostationnaires et une constellation LEO (orbite basse), équipés de systèmes cryptés et de technologies quantiques" dédié à l'internet à haut débit.

Sécuriser le budget spatial

"En complément de nos réseaux terrestres haut débit de grande qualité, les constellations de satellites renforceront l'autonomie stratégique de nos infrastructures de connectivité", plaide le commissaire européen, qui cherche à préserver le budget de 16 milliards dévolu à l'espace prévu par la Commission pour la période budgétaire 2021-2027 et raboté à la demande de certains Etats-membres.

"Nous en sommes déjà à 15 milliards dans les négociations en cours, c'est-à-dire plus très loin", a-t-il ajouté.

OneWeb pas à la hauteur ?

Alors que l'opérateur OneWeb a fait faillite, l'Europe ne s'est pas positionnée comme repreneur potentiel de son projet de constellation de satellites de télécommunications, dont 74 sont déjà en orbite.

"Nous avons regardé le dossier, y compris dans son volet technique. Dans toute faillite, il n'y a sans doute pas qu'une seule raison. Il nous est apparu très vite que OneWeb ne pouvait répondre à nos ambitions de connectivité et d'autonomie stratégiques", plaide-t-il. La justice américaine doit désigner le repreneur dans les prochains jours.

TL, avec AFP