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Thales prépare un dirigeable pour relier à Internet les zones isolées

Stratobus va porter des charges utiles pour effectuer des missions telles que la surveillance des frontières ou des sites.

Stratobus va porter des charges utiles pour effectuer des missions telles que la surveillance des frontières ou des sites. - Thales Alenia Space

"Thales Alenia Space lance son projet de dirigeable stratosphérique pour relier à Internet les zones isolées ou scruter la planète à 20.000 mètres d'altitude. Stratobus aura un prototype en 2018 et reçoit 17 millions d'euros de financement au titre du plan "Investissements d'avenir"."

Après les "ballons" en haute altitude de Google, voici la réponse de Thales pour fournir des connexions Internet depuis l'espace. Sa filiale Thales Alenia Space (67% Thalès, Finmeccanica 33%) a présenté son projet Stratobus de dirigeable stratosphérique. Sorte de super-drone, il devrait être plus facile (et moins coûteux) à lancer qu'un satellite tout en se déplaçant à 20.000 mètres d'altitude.

"Le nouveau marché pour les pseudo satellites à haute altitude est estimé à un milliard de dollars d'ici à 2020, mais il est en attente d'un produit. Avec Stratobus, qui offre un champ de vision de 500 kilomètres, nous sommes convaincus qu'il va gagner une part importante de ce marché", a déclaré Jean-Loïc Galle, PDG de Thales Alenia Space. 

Ce projet, qui fédère plusieurs industriels (cf encadré ci-dessous), a reçu l'aval du programme gouvernemental "Investissements d'avenir". Il reçoit à ce titre un financement de 17 millions d'euros. Ces fonds couvrent une phase de développement de 24 mois. Quatre régions françaises différentes s'y intéressent aussi et pourraient apporter un financement supplémentaire d'environ 3 millions d'euros.

Stratobus fera de la surveillance visuelle, de la sécurité ou des télécoms

Stratobus portera des charges utiles pour effectuer des missions telles que la surveillance des frontières ou des sites "sensibles", sur terre ou en mer (vidéosurveillance des plateformes offshore, etc.), la sécurité (lutte contre le terrorisme), la surveillance environnementale (feux de forêt, érosion des sols, pollution, etc.) et les télécommunications (Internet, 5G). Sur ce dernier point, il pourrait intéresser les géants tels que Google et Facebook qui concoctent chacun de leur côté des systèmes pour relier à Internet les populations de la planète qui sont dépourvues de connexion au réseau mondial.

Stratobus évoluera dans la couche inférieure de la stratosphère, qui "offre une densité suffisante pour assurer la portance pour le ballon" selon les promoteurs du projet. Les vents à cette altitude ne dépassant pas 90 kilomètres à l'heure, le dirigeable restera stationnaire en utilisant son système de propulsion électrique, pour éviter de dériver. 

Thales Alenia Space a prévu de lancer un démonstrateur en 2018, suivi de la première qualification et de la certification des vols en 2020. Ses prévisions de marché parient sur un retour sur investissement en moins de trois ans après sa commercialisation.

Un consortium d'industriels fédérés autour de Thales Alenia Space

Thales Alenia Space réunit autour du projet Stratobus plusieurs partenaires industriels français et étrangers. Pour les Français, la société CNIM (Construction Navale Industrielle de la Méditerranée) va construire la structure et de l'équipement associé, l'anneau et la nacelle, tandis que Solutions F fournira le système de propulsion électrique, Airstar Aerospace l'enveloppe du dirigeable, et Tronico-Alcen le système électronique de conditionnement de l'énergie. En plus de ces partenaires français, Cmr-Prototec (Norvège) fournira le système de stockage d'énergie et MMIST (Canada) les parachutes. Thales Alenia Space est en charge de l'intégration de systèmes, de l'avionique, des panneaux solaires et de certification.

Frédéric Bergé