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SoftBank Group s'attend à des pertes monstres pour son exercice 2019-2020

Softbank.

Softbank. - Kazuhiro NOGI / AFP

Entre ses mauvais paris et la crise du coronavirus, le géant japonais prévoit des résultats vertigineux : 6,36 milliards de perte nette...

Touché de plein fouet par la chute brutale des marchés financiers mondiaux en raison de la pandémie de coronavirus, SoftBank Group a déclaré lundi s'attendre à des pertes vertigineuses pour son exercice annuel 2019/20, clôt au 31 mars.

Le géant japonais des investissements dans les nouvelles technologies prévoit notamment une perte nette de 750 milliards de yens (6,36 milliards d'euros), contre un bénéfice net de 1.411,2 milliards de yens en 2018/19, selon un communiqué diffusé par surprise.

Sa perte opérationnelle annuelle s'annonce encore plus effroyable: 1.350 milliards de yens (11,4 milliards d'euros), en raison de dépréciations massives d'actifs de son fonds d'investissement Vision Fund, liées à la brutale "détérioration de l'environnement de marché", a expliqué le groupe.

Le fiasco WeWork

Le Vision Fund devrait notamment subir une perte d'environ 1.800 milliards de yens sur l'ensemble de l'exercice écoulé.

Le groupe va aussi essuyer des pertes non opérationnelles liées à des actifs détenus en dehors du Vision Fund, comme ses investissements dans des groupes aujourd'hui en grande difficulté comme le géant américain des bureaux partagés WeWork et le groupe de satellites de télécommunications OneWeb, qui a récemment fait faillite.

Le groupe s'attend par ailleurs à une chute de 36% sur un an, à 6.150 milliards de yens, de ses ventes annuelles, qui prennent notamment en compte les recettes générées par ses activités dans les télécoms et les services en ligne.

Cependant le déclin de ce chiffre d'affaires s'explique essentiellement par la sortie de son bilan d'exploitation de sa filiale américaine de téléphonie mobile Sprint, qui vient de fusionner avec T-Mobile.

Réduire sa dette

En ne tenant pas compte de Sprint, son chiffre d'affaires devrait progresser de 0,9% sur un an.

Soumis à une intense pression en raison de ses nombreux investissements ayant tourné au vinaigre (WeWork, Uber, le géant indien de l'hôtellerie Oyo...), SoftBank Group s'est récemment engagé dans une gigantesque cure d'amaigrissement.

Le groupe a annoncé en mars son intention de céder jusqu'à 4.500 milliards de yens (soit 38 milliards d'euros) d'actifs dans les 12 mois, afin de réduire son énorme dette et financer d'immenses rachats de ses propres actions en vue de les annuler, pour augmenter la valeur de son titre en Bourse.

Cela avait aussitôt ravivé les spéculations sur une éventuelle nouvelle cession d'une partie de ses titres du mastodonte chinois du commerce en ligne Alibaba, sa poule aux oeufs d'or. 

TL avec l'AFP