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Silicon Valley: San Francisco en guerre contre les geeks

Le torchon brûle à San Francisco entre les habitants historiques et les salariés des entreprises technologiques de la Silicon Valley.

Le torchon brûle à San Francisco entre les habitants historiques et les salariés des entreprises technologiques de la Silicon Valley. - -

Les salariés de Google, Facebook et Microsoft, et autres fleurons de la Silicon Valley, désignés comme responsables de la hausse du coût de la vie et des loyers à SF, sont confrontés à la vindicte populaire.

Rien ne va plus au merveilleux pays des geeks. Les habitants de San Francisco, la grande ville la plus proche de la Silicon Valley, ont déclaré la guerre aux salariés de Google, Facebook, Microsoft et aux start-up de la high tech dont les sièges sociaux s'y concentrent comme nulle part ailleurs.

Principal grief: la gentrification de la ville, en raison des salaires élevés des petits génies du web. San Francisco est désormais, selon Zillow, la ville la plus chère des Etats-Unis, après sa voisine San José mais devant New York. Un studio s'y loue 2.300 dollars (près de 1.700 euros) selon Silicon 2.0, un blog du Monde.fr.

Les bus de Google attaqués

Depuis novembre 2013, les associations de riverains multiplient les actions telles que le blocage des navettes Google qui emmenent les salariés sur le Googleplex, à 45 minutes au sud de la ville. Les autres géants de la Silicon Valley affrêtent aussi des bus, mais moins que la firme de Mountain View, devenue la cible privilégiée des habitants en colère.

Un de ses salariés a été personnellement pris à partie en ce mois de janvier. Un collectif nommé Counterforce a fait un sitting devant la demeure au luxe minimaliste d'Anthony Levandowski, un développeur de Google X, l'unité top secrète du géant de la recherche Internet. Une photo de sa maison prise par Google Street view, a été livrée à la vindicte sur internet.

Pourquoi lui? Parce qu'il est le symbole de ces acheteurs de résidences fastueuses qui font la joie des promoteurs de Frisco. Aussi parce que la rumeur prétend qu'il collabore avec l'armée américaine pour mettre au point des robots tueurs, et qu'il contribue à créer une "société de la surveillance".

Parce qu'au-delà des expulsions d'habitants historiques d'un San Francisco devenu inabordable, tout devient prétexte à détester le geek. Le Scandale Prism, la supposée arrogance des fleurons de la high-tech américaine, l'optimisation fiscale sport favori des services financiers de ces boîtes...

1,5 million de dollars pour utiliser les arrêt de bus

Dans la cacophonie ambiante, un collectif rappelait mercredi sur le site "Heart of the city", qui suit de près les évènements, les griefs des San-franciscains. Selon eux dans le quartier de South West, où se trouve le siège de Twitter, le nombre d'expulsions serait passé de 7 en 2012 à 270 en 2013, quand le site de miccro-blogging s'introduisait en Bourse. Les magasins de quartier ferment les uns après les autres à cause de ces employés ultra-chouchoutés puisque nourris gratuitement sur leur lieu de travail.

Ils réclament que Google et consorts financent des logements abordables, l'interdiction des expulsions, ou encore l'amélioration des services de transport en commun. Ils commencent à être entendus: la mairie de San Francisco a imposé, le 21 janvier, un péage (symbolique) de 1,5 million de dollars pour les entreprises dont les navettes utilisent les arrêts de bus publics.

Nina Godart