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Silicon Valley: l'accord "anti-embauche" jugé caduc

On s'achemine vers un procès dans la Silicon Valley, opposant Apple, Google et consorts à leurs salariés.

On s'achemine vers un procès dans la Silicon Valley, opposant Apple, Google et consorts à leurs salariés. - -

Une juge californienne a retoqué l'accord amiable passé entre Apple, Google, Intel et leurs salariés pour les dédommager d'une entente conclue afin ne pas débaucher les talents des autres.

Une décision de justice qui va faire date dans la Silicon Valley. Une juge de Californie a refusé, vendredi 8 août, de valider un accord à l'amiable passé entre des salariés et géants du web. De quoi relancer le débat autour du pacte anti-embauche passé, cette entente entre Apple, Google, Intel et consorts pour ne pas débaucher leurs salariés respectifs.

Via cet accord, les 60.000 salariés des groupes concernés avaient obtenu 324 millions de dollars. La juge californienne Lucy Koh a estimé que ce n'est pas assez, qu'ils doivent obtenir bien plus d'argent ou qu'il faut qu'il y ait un procès.

Steve Jobs maître d'oeuvre de l'entente

La magistrate a dénoncé une vaste conspiration, un règne de la peur et de la déférence dicté par Steve Jobs, le défunt patron d'Apple, en personne. Le charismatique fondateur d'Apple aurait imaginé les grandes lignes de l'accord, noué depuis plusieurs années entre mastodontes de la Silicon Valley pour ne pas entretenir l'inflation de leurs salaires.

Selon la juge, c'est bien Apple qui organisait le tout, et les autres qui lui référaient. Pour preuve, elle brandit des échanges de mails. Dans l'un d'eux, le patron de Google écrit à Steve Jobs qu'il a viré un de ses responsables du recrutement parce qu'il a cherché à embaucher chez Apple. Steve Jobs transfère le mail à son propre service recrutement accompagné, d'un smiley, un petit bonhomme qui sourit

Chez Apple, Google et Adobe, on n'a pas encore commenté la décision de la juge, ce 11 août. Chez Intel, on se dit déçu.

Pauline Tattevin