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Selon Free, la 4G ne fera pas remonter les prix

Le trublion des télécoms françaises a exclu une fusion avec un autre opérateur mobile

Le trublion des télécoms françaises a exclu une fusion avec un autre opérateur mobile - -

Xavier Niel, fondateur de l'opérateur, estime que les prix du mobile peuvent encore baisser, et que le client ne sera pas prêt à payer plus cher pour un meilleur débit en mobilité.

Free a douché mardi 25 juin les espoirs de remontée des prix formulés par ses concurrents. Xavier Niel, fondateur et principal actionnaire de l'opérateur, a affirmé que les clients ne sont pas prêts à payer plus cher pour la 4G.

"Etes-vous prêt à payer plus cher, alors qu'ailleurs c'est au même prix pour la même chose? Non! La 4G a seulement permis la remontée des prix des honoraires des consultants...", a-t-il affirmé lors d'un colloque organisé par l'EBG. Il a toutefois refusé de donner le moindre détail sur les projets de Free mobile en matière de 4G.

"Le marché est en pleine forme"

Interrogé sur une baisse à venir des prix du mobile sur le marché français, le franc-tireur des télécoms français a répondu affirmativement. "Nous voulons que tous les opérateurs soient malheureux. Le but n'est pas de rendre tout le monde heureux. Ils ont été condamnés pour ça", a-t-il lancé, faisant allusion à la condamnation d'Orange, SFR et Bouygues par l'Autorité de la concurrence pour entente.

Il a dressé un bilan -évidemment- positif de l'arrivée du quatrième opérateur mobile: "Le secteur des télécoms n’a jamais été autant en forme. En 2012, l’emploi dans les télécoms n’a pas été aussi haut depuis 5 ans. L’investissement n’a jamais été aussi élevé. Ce qui a baissé, ce sont les dividendes de nos concurrents, c’est tout."

Pas de fusion entre opérateurs

Selon Xavier Niel, cela se passe si bien qu'une fusion entre opérateurs mobiles est exclue. "L’Autorité de la concurrence rend les choses assez difficiles sur une concentration franco-française entre les quatre opérateurs mobiles. L’Autorité de la concurrence a dit: 'on a trois acteurs qui s’entendent, qui font que les prix en France sont anormalement haut, et je vais tout mettre en œuvre pour permettre l’arrivée d’un quatrième acteur".

Xavier Niel a ajouté: "depuis un an et demi, l’Autorité de la concurrence prend donc beaucoup de plaisir à notre arrivée. Je ne suis pas sûr que l'Autorité ait envie de casser leur jouet ou leur jeu en faisant repasser le marché de quatre à trois. Et leur position est légitime".

Le fondateur de Free a admis que racheter un concurrent lui éviterait de construire son propre réseau, mais "chaque jour qui passe rend le sujet moins intéressant", car Free poursuit le déploiement de son réseau.

Quand Sarkozy traitait Niel de "roi du peep show"

Fidèle à son habitude, Xavier Niel a multiplié les propos iconoclastes. Par exemple, sur la classe politique française: "quelque soit le gouvernement en place, il nous tape systématiquement dessus. Le gouvernement passé a été absolument dur. [Quand Nicolas Sarkozy a traité Xavier Niel de 'roi du peep show'], c'est presque le truc le plus sympathique qu'il ait pu dire sur nous. Après l’alternance, on s’est retrouvés avec un nouveau gouvernement, qui s’est mis immédiatement à faire des tribunes modérément sympathiques nous concernant".

Toutefois, le fondateur de Free a rendu un hommage inattendu au patron d'Orange: "heureusement qu’il y a eu des hauts fonctionnaires, parfois politiques, qui nous ont aidés, comme Stéphane Richard, François Pérol, qui ont été là dans l’intérêt de la Nation, pour attribuer cette quatrième licence, quand un grand nombre de politiques –certes pas tous- y étaient opposés".

Il a aussi admis avoir "la chance d’être né dans un pays où l’on peut créer des entreprises, et devenir riche".

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Jamal Henni