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Sanofi a (enfin) un nouveau patron

Sanofi n'avait plus de chef depuis cinq mois

Sanofi n'avait plus de chef depuis cinq mois - Eric Piermont - AFP

Le groupe a officiellement nommé jeudi 19 février Olivier Brandicourt en tant que directeur général. Ce dernier, actuellement dirigeant de la division pharmacie de Bayer, prendra officiellement ses nouvelles fonctions le 2 avril prochain.

Le nouveau directeur général de Sanofi est désormais connu. Le groupe pharmaceutique a ainsi mis fin jeudi 19 février à une embarrassante vacance du pouvoir de cinq mois en nommant directeur général Olivier Brandicourt.

Ce dernier, dont le nom était mentionné depuis quelque temps dans la presse, dirige actuellement les activités pharmaceutiques du groupe allemand Bayer. "En accord avec son ancien employeur", Olivier Brandicourt prendra ses fonctions le 2 avril, précise Sanofi dans un communiqué.

Sanofi, qui dispute à Total le titre de première capitalisation de la Bourse de Paris, n'avait plus de directeur général depuis l'éviction fin octobre de Chris Viehbacher, à la double nationalité allemande et canadienne.

L'intérim était assuré depuis par le président du conseil d'administration Serge Weinberg, un ancien haut fonctionnaire reconverti dans le capital investissement. Médecin de formation, Olivier Brandicourt possède une expérience internationale de 28 ans dans l'industrie pharmaceutique, a souligné Sanofi, en rappelant ses passages chez Warner-Lambert, Pfizer et enfin Bayer.

Une solide expérience

Il a notamment fait partie du comité exécutif de Pfizer, le premier groupe pharmaceutique mondial, entre 2010 et 2013, a rappelé Sanofi. "La solide expérience d'Olivier Brandicourt combinée à son profil international, à sa connaissance parfaite du marché américain et des marchés émergents de la santé, et à sa capacité à fédérer les équipes insuffleront un nouveau dynamisme à la stratégie de diversification et d'innovation de Sanofi", a expliqué Serge Weinberg pour expliquer ce choix.

"En dirigeant plusieurs divisions clés de la santé, (il) a acquis un très large champ d'expertise et de connaissance de l'industrie pharmaceutique; il a été à l'initiative du lancement de nombreux produits, et il a mené à bien des opérations d'acquisition et d'intégration stratégiques", a encore fait valoir Sanofi.

L'éviction de Viehbacher

Son prédécesseur Chris Viehbacher était largement crédité d'avoir repositionné le laboratoire français sur plusieurs axes prometteurs de développement, comme le traitement du diabète, les vaccins ou les médicaments issus des biotechnologies. Sanofi avait ainsi pu franchir sans trop d'encombre un passage délicat, marqué par la perte d'exclusivité de ses brevets sur plusieurs traitements phares.

Mais Chris Viehbacher s'était aliéné progressivement son conseil d'administration, en ne l'informant en amont de décisions importantes, notamment sur la restructuration d'une partie des activités française du groupe. Les administrateurs de Sanofi lui reprochaient également de passer beaucoup de temps à Boston, au siège de Genzyme, la société américaine de biotechnologies que Chris Viehbacher avait emporté de haute lutte en 2011.

"La poursuite du développement du groupe exige aujourd'hui un management fédérant plus largement les talents, une focalisation plus grande sur l'exécution et une collaboration étroite et confiante avec le conseil d'administration", avait expliqué le conseil d'administration fin octobre pour justifier l'éviction d'un dirigeant très apprécié des marchés. Lors de la présentation de ses résultats annuels début février, le groupe avait indiqué que l'annonce du nouveau directeur général, recruté en externe, serait faite "dans le courant du premier trimestre".

J.M. avec AFP