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Renaissance digitale : l'élan est donné dans les grandes entreprises!

Sous l'impulsion de leurs dirigeants, les grandes entreprises françaises ont accéléré dans le digital sur certains pans de leurs activités.

Sous l'impulsion de leurs dirigeants, les grandes entreprises françaises ont accéléré dans le digital sur certains pans de leurs activités. - pixabay

En un an, les exemples de bouleversement numérique de grandes entreprises se sont multipliés. Pluisieurs d'entre elles agissent en profondeur pour transformer leurs processus, sans jamais se départir de leurs métiers traditionnels. De grands PDG viennent témoigner le 2 février, au 01Business Forum 2016.

Michelin veut devenir l’Amazon du pneu

Que Michelin vende son nouveau pneu Pilot Sport 4 en ligne, rien de surprenant. Mais qu’il le vende uniquement sur Internet, dans le cadre d’une boutique éphémère et qu’il propose un rendez vous pour la livraison et la pose avec un distributeur partenaire est beaucoup plus surprenant. Michelin passe à l’offensive sur Internet en s’inspirant de ses concurrents digitals natives.

Son PDG Jean-Dominique Senard l’a déjà dit : il ne veut pas voir arriver sur son marché un "Amazon de la vente de pneus" à prix cassés. Après le rachat de Blackcircles, numéro un de la vente de pneus sur internet au Royaume Uni, les prises de participations dans les sites Allopneus ou Popgom, l’entreprise française veut reprendre la main sur un marché du pneu dont les prix sont tirés par le bas et où le parcours d’achat du client doit proposer les meilleurs tarifs. Rien de mieux alors que le numérique pour mettre en place cette stratégie de rupture et bâtir un nouveau business model de la vente de pneus.

Des lieux d'innovation collective à la Société Générale

C’est au cœur du quartier du Sentier à Paris que Françoise Mercadal Delassalles, directrice des ressources et de l’innovation de la Société Générale, a décidé d’envoyer des petites cellules de la Société Générale pour réfléchir aux futurs services et organisations de l’entreprise. Le Player est un lieu d’innovation collective où se cotoient des designers, des prospectivistes, des start ups, des développeurs ou encore des artistes.

L’idée d’envoyer des salariés SocGen sur ce "sentier de l’Innovation" est de les acculturer au numérique et aux nouveaux modes de pensées et de travail 2, 3 ou 4.0 ; d’identifier des nouveaux outils, des méthodes nouvelles, de qualifier des démarches innovantes, de gagner en créativité, mais aussi d’encourager le partage interne et pourquoi pas de favoriser l’intrapreneuriat. "C’est une façon de briser les barrières", assure Françoise Mercadal Delassalles dont les équipes travaillent également avec des incubateurs ainsi que d'autres acteurs de la communauté innovante tels que Le Tank, SenseCube, Plaine Coworking ou encore InProcess.

Accorhotels accélère sur le digital

CEA Tech, cette discrète –grosse- pépite de l’innovation française

Rossignol a annoncé cet hiver qu'il s'alliait au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Mais que vient faire un professionnel du ski avec un spécialiste de l’atome ? La réponse : de l’innovation et du transfert industriel. En fait Rossignol a signé avec le CEA Tech un organisme fondé en 2013 et regroupant trois laboratoires de recherche dont le Leti (vieux de 50 ans), le List et le Liten, dont les spécialités vont des nantechnologies aux domaines du numérique, de la santé, de l’énergie.

Avec 4500 chercheurs, 600 millions d’euros budget et une cinquantaine de startups créées en 10 ans, cette entité basée à Grenoble est un véritable vivier de R&D et développement au service de 80% des entreprises du CAC 40, 540 PME et ETI. Parmi les réussites récentes figurent les batteries Lithium-souffre, la maison autonome 100% solaire, Le lifi, la robotique collaborative ou encore la sécurité des objets connectés.

La Poste appuie sur le champignon du digital

550 millions d’euros d’investissements sur 3 ans. La Poste donne un coup d’accélérateur à sa stratégie numérique. Mais pour ceux qui s’attendent à un plan claire en quatre points et douze alinéas, il faudra repasser. Pragmatique, Philippe Wahl, le PDG du groupe a dit à ses équipes qu’il voulait simplifier la vie des gens avec du concret et des preuves sur le terrain. Du coup, ce sont tout un ensemble de services digitaux qui fleurissent, venant enrichir des prestations physiques existantes. Mais là où certains moqueront un saupoudrage, on pourra rétorquer que les succès reposent souvent sur les initiatives les plus simples.

Ainsi le service qui permet en un clic sur son smartphone, d’envoyer un colis depuis son salon, sans se déplacer jusqu’au bureau de poste local (c’est le facteur qui vient chercher la boîte), c’est quand même bien vu.

Un électrochoc californien pour Airbus

En créant un centre d’innovation et en se dotant d’un fond d’investissement, Airbus pose ses premiers pions en plein cœur de la Silicon Valley. Trente personnes devraient à terme intégrer la jeune structure. Trente personnes !? Cela fait bien peu, surtout auprès d’un vivier d’ingénieurs aussi riche que celui de la Valley. Mais l’ambition du constructeur européen n’est pas de recréer un nouveau laboratoire de recherche ou un nouvel accélérateur de startups.

Avant de trouver un éminent partenaire local (…) il s’agit surtout pour l’européen de "humer" les projets prometteurs et autres solutions innovantes dont cette région de Californie accouche chaque mois, explique Airbus. Il semble que le but soit surtout de créer un électrochoc dans la communauté des ingénieurs d’Airbus pour qu’ils apprennent à réfléchir autrement à penser différemment comme disait un célèbre californien disparu en 2011.

Frédéric Simottel