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Que peut faire Apple de son trésor de guerre de 250 milliards de dollars?

Que peut faire Apple d'une telle montagne de cash?

Que peut faire Apple d'une telle montagne de cash? - Andrew Burton - AFP

L'entreprise a indiqué lors de ses résultats trimestriels que ses liquidités avaient désormais atteint 256,8 milliards de dollars. Une montagne d'argent qui pourrait être rapatriée aux États-Unis avec la réforme fiscale du président Donald Trump.

C'est un compte en banque pour le moins bien fourni et qui ne cesse de grossir. Lors de l'annonce de ses résultats trimestriels, Apple a indiqué que ses liquidités avaient désormais dépassé les 250 milliards de dollars (256,8 milliards d'euros), soit 10 milliards de plus qu'au trimestre précédent.

Avec cette montagne de cash, le groupe à la pomme pourrait verser 2.200 dollars à chaque ménage américain. Ou acheter les deux entreprises les plus chères du CAC 40 (Total et Sanofi).

La réforme de Trump

Ce véritable trésor de guerre reste pour plus de 90% stocké à l'étranger. En effet, Apple ne souhaite pas rapatrier ces liquidités car le groupe américain devrait alors payer 35% d'impôts, ce qui ponctionnerait une grande partie de cette montagne de cash. Ce qui pourrait toutefois changer. Donald Trump a en effet promis, avec sa grande réforme fiscale, d'autoriser les entreprises à rapatrier l'argent détenu à l'étranger à un taux réduit à 10%. Mais cette réforme doit encore passer sous les fourches caudines du Congrès américain.

Reste que les analystes se posent la question de savoir ce qu'Apple pourrait faire de cet argent.

Un moyen de l'utiliser serait d'en faire profiter les actionnaires. Apple a annoncé mardi qu'il consacrerait plus de 300 milliards de dollars à son programme de rachat d'actions d'ici mars 2019. Cela permet de faire monter le cours en Bourse et aux actionnaires d'engranger de confortables plus-values. Apple verse déjà 12 milliards de dollars par an à ses actionnaires sous forme de dividendes, se plaçant au premier rang mondial pour ce type de récompense.

Lorgner Spotify ou Tesla

"La plupart des entreprises seraient ravies d'avoir un tel problème sur les bras mais structurellement cela pose un peu un problème car les investisseurs veulent être les premiers à en profiter", souligne Patrick Moorhead de Moor Insights & Strategy. Or récompenser les actionnaires n'est pas toujours dans l'intérêt stratégique à long terme des entreprises, en les privant des moyens nécessaires pour innover ou se développer.

Une des solutions serait d'acquérir un fabricant de microprocesseurs afin de "verticaliser" la production des smartphones et autres tablettes, estime-t-il. Le service de vidéos en ligne Netflix pourrait aussi compléter l'offre d'Apple TV.

D'autres analystes évoquent le service de musique en ligne Spotify ou Tesla. "Mais le défi est alors d'intégrer une acquisition aussi grosse", souligne Bob O'Donnell de Technalysis Research, en soulignant que cela n'était pas dans la culture de l'entreprise développée par Steve Jobs, décédé en 2011.

Chute surprise des ventes d'iPhone

Si Apple a publié, au deuxième trimestre, un bénéfice en hausse de 4,9%, les ventes d'iPhone ont marqué le pas. À 50,76 millions d'unités elles ont baissé de 0,8% par rapport au deuxième trimestre 2016. Un chiffre qui a surpris les analystes qui s'attendaient à une hausse de 2% à 52,3 millions.

J.M. avec AFP