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Privé d’Android et des puces Qualcomm, ZTE s’inquiète pour sa survie mondiale

Le logo de la marque ZTE.

Le logo de la marque ZTE. - Lluis Gene/AFP

L'avenir du groupe chinois s'assombrit. L'administration américaine lui interdit dorénavant l'utilisation pendant sept ans de certaines technologies américaines dans ses smartphones, parmi lesquelles l'OS de Google et les puces de Qualcomm.

Les ambitions mondiales de Huawei et de ZTE dans le marché des smartphones s’évaporent de jour en jour. Après la décision des opérateurs de télécoms et des grands réseaux de distribution de ne pas vendre leurs modèles, l’administration américaine durcit encore le ton, cette fois en visant ZTE qui ne pourra plus acheter de composants à des entreprises américaines pour une durée de sept ans.

Selon l’AFP, les griefs portent sur le plan industriel chinois "Made in China 2025" qui vise à créer des champions nationaux dans le domaine technologique. Cette stratégie serait considérée par les Américains comme une menace pour l'avenir de ce secteur. Mais l’argument de l’administration Trump repose surtout sur la violation par ZTE de l’embargo sur l’Iran et la Corée du Nord.

ZTE tente un règlement à l'amiable

Les conséquences pour la marque qui représente près de 4% du marché mondial des smartphones sont titanesques. Elle devra trouver des alternatives pour des composants stratégiques comme les puces Qualcomm ou la technologie de Dolby. Selon l’AFP, ZTE dispose d’un stock de composants qui lui permettront de tenir un à deux mois, mais pas plus. Mais rien ne remplacera Android qu’elle pourrait aussi ne plus pouvoir utiliser. Sans l’OS de Google, la production risque de s’arrêter brutalement.

Dans un communiqué, le groupe estime que les mesures américaines, mettent "sérieusement en danger [sa] survie". Sa direction annonce son intention de régler le problème par "la négociation et le dialogue" tout en restant "déterminé à protéger nos droits et nos intérêts légitimes par toutes les voies légales autorisées". Le groupe, qui emploie 80.000 personnes majoritairement en Chine, a suspendu la cotation de ses titres à la bourse de de Hong Kong et Shenzhen dès l’annonce des mesures américaines.

Huawei licencie aux États-Unis

L’affaire a déjà pris une tournure politique en Chine. Un porte-parole du gouvernement a réagi en indiquant se tenir "prêt à prendre les mesures nécessaires pour sauvegarder les droits légitimes et les intérêts des entreprises chinoises". Ce responsable a aussi rappelé à l’administration américaine que ces mesures menacent les "dizaines de milliers d'emplois" créés par ZTE aux États-Unis. En Chine, Yin Yimin, président de ZTE, tente de rassurer ses salariés. Dans un communiqué dévoilé par le quotidien South China Morning Post, il leur lance un "appel au calme" et leur demande de continuer à "bien faire [leur] travail".

Cet argument va-t-il dissuader Washington d’adoucir sa position? Pas sûr. Après être devenu persona non grata par l’administration américaine, Huawei a commencé à licencier du personnel aux Etats-Unis parmi lesquels son vice-président des affaires étrangères et quatre responsables du bureau de Washington. Le groupe a également décidé de continuer à réduire son budget de lobbying qui entre 2016 et 2018 est passé de 348.500 dollars à 60.000 dollars. Un signe qui montre que le groupe ne pense plus qu'un dialogue puisse améliorer la situation.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco