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Pourquoi Uber licencie son ingénieur vedette venu de Google

Dans le cadre de l'affaire de vol de technologie dont l'accuse Google sur la voiture autonome, Uber a pris les devants en licenciant son transfuge venu de Google, l'ingénieur vedette Anthony Levandowski.

Nouveau rebondissement dans l'affaire retentissante qui oppose Uber et Google sur la voiture autonome. Face aux accusations de Google de vol de technologies et de secrets industriels, le vétéciste nie toujours, mais prend les devants en se séparant de l'homme par qui le scandale est arrivé: Anthony Levandowski. Cet ingénieur vedette, père de la voiture autonome, est accusé d'avoir quitté Google pour rejoindre Uber en emportant avec lui des milliers de fichiers.

Pour rappel, c'est lui qui commence en 2007 chez Google à travailler sur la voiture sans chauffeur, en particulier sur le système de laser, au cœur du dispositif, capable de repérer des obstacles en temps réel. En 2016, il quitte Google pour fonder sa start-up de camions autonomes, Otto. L'entreprise est rachetée quelque mois plus tard pour près de 700 millions de dollars par Uber, qui cherche aussi à se lancer dans les voitures sans chauffeur.

Vol de documents confidentiels

Google porte l'affaire en justice et accuse l'ingénieur d'avoir dérobé 14.000 documents confidentiels juste avant son départ. Pourtant au cœur de la confrontation, Levandowski refuse de témoigner et de collaborer avec les enquêteurs. Le juge finit par lui interdire de participer aux travaux de développement de la voiture autonome d'Uber. C'est le motif de licenciement mis en avant aujourd'hui par le groupe de Travis Kalanick.

Malgré ce départ, le feuilleton judiciaire va se poursuivre entre les deux concurrents. Uber n'ayant pas obtenu l'ouverture d'une procédure d'arbitrage, le procès devrait s'ouvrir à l'automne. Le procureur général des États-Unis a aussi été saisi pour envisager l'ouverture d'une enquête criminelle.

Quelles qu'en soient les conclusions, les recherches d'Uber en matière de voiture autonome ont du plomb dans l'aile. Déjà en retard -ses prototypes seraient très loin d'être au point- le spécialiste des VTC perd avec ce licenciement l'un des meilleurs experts dans le domaine. Et ce départ pourrait pousser d'autres ingénieurs à quitter le navire.

Simon Tenenbaum, édité par N.G.