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Google dévoile ses redoutables ambitions dans la voiture autonome

John Krafcik, CEO de Waymo, une filiale de Google, annonce que son ambition est de devenir le principal équipementier des constructeurs.

John Krafcik, CEO de Waymo, une filiale de Google, annonce que son ambition est de devenir le principal équipementier des constructeurs. - Geoff Robins - AFP

Sur le salon de Detroit, Google en a dit plus sur ses ambitions dans la voiture autonome. Son objectif est de devenir, avec sa filiale Waymo, le principal équipementier des constructeurs qui veulent lancer des voitures sans chauffeur, en leur fournissant un cerveau.

Google ne veut pas devenir le concurrent des constructeurs traditionnels, mais leur partenaire. Le groupe californien est présent sur le salon de l’automobile de Detroit qui se tient cette semaine, mais pas sous son nom historique. C’est Waymo, sa filiale spécialisée dans la voiture autonome, qui fait l’actualité en proposant une technologie qui va permettre aux constructeurs traditionnels de produire des voitures autonomes. Et pour prouver l’efficacité de sa technologie, la filiale a présenté une version autonome du Pacifica de Chrysler. En plus de Fiat-Chrysler, Waymo a aussi signé un partenariat avec Honda.

"Nous ne cherchons pas à fabriquer la meilleure voiture, mais celle qui conduira le mieux", a déclaré via un tweet John Krafcik, patron de Waymo, comme s'il souhaitait rassurer le public. Et pour séduire les constructeurs, il annonce un argument choc: la baisse du tarif du Lidar (light detection and ranging), cette technologie laser qui permet aux voitures de savoir où elles se trouvent et de détecter les obstacles. En transmettant les données obtenues à son opérateur Google, le Lidar améliore aussi les outils de cartographie.

La guerre des prix est lancée sur les composants

Actuellement, cet élément limite l’industrialisation de masse à cause de son prix qui atteint 75.000 dollars. Et comme l'a déclaré dans Business Insider John Krafcik, Waymo peut faire baisser ce tarif de… 90%. Et ce n’est qu’un début puisque le dirigeant affirme que l’objectif est d’aller encore plus bas. "Aujourd’hui, cet élément est le plus onéreux de la voiture autonome, mais son tarif ne cesse de baisser", nous a confirmé Sébastien Amichi, consultant pour le cabinet Roland Berger. "L'objectif des fabricants est que d’ici 2030, il coûte autour de 3.000 euros ce qui permettra de démocratiser réellement les robotcabs. En Europe, l’allemand Bosch ou le français IEEE visent des objectifs tarifaires similaires à ceux de Waymo."

Face à ce nouvel intervenant, les constructeurs automobiles traditionnels ne risquent-ils pas de devenir des assembleurs en laissant les éléments stratégiques de la voiture connectée à d’autres entreprises? C’est évidemment l’ambition de Google, pour qui Waymo est un prospecteur de données stratégiques dans la mobilité.

En Allemagne, Daimler et BMW ne comptent pas abdiquer aussi facilement. Dans les système de cartographie, ils ont investi dans Here, le système développé par Nokia, en s'associant à Intel et à MobilEye. "Ils se préparent depuis plusieurs années en investissant dans des start-up spécialisées dans la mobilité", indique Sébastien Amichi. Les Français ne sont pas dans cette logique. "Leur histoire les empêche d’aller aussi vite, leur priorité reste encore de faire tourner des usines qui emploient beaucoup de salariés. En France, la voiture autonome bouleverse un modèle économique et social historique".

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco