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Pourquoi la navette IXV est un défi pour l'industrie spatiale européenne

La navette IXV avant son lancement en Guyane.

La navette IXV avant son lancement en Guyane. - Cnes - AFP

Le lancement de cette navette, qui a lieu ce mercredi après-midi, va permettre de tester la capacité des Européens à pouvoir faire revenir sur terre un engin spatial. Un domaine dans lequel le Vieux Continent accuse un certain retard.

Le rendez-vous est pris pour 14h à Kourou en Guyane ce mercredi 11 février. L'Europe va lancer un petit avion spatial expérimental de cinq mètres de long appelé IXV. Cet avion va être lancé en orbite, via une fusée Vega, à une hauteur de 450 kilomètres.

Mais c'est sa capacité à rentrer sans encombre et sans dégât dans l'atmosphère qui va être plus particulièrement scrutée. Un double défi pour l'industrie spatiale européenne.

Tout sera ainsi évalué jusqu'à l'angle d'entrée lors du retour dans l'atmosphère qui ne doit être ni trop faible, ni trop large. Si cet angle de rentrée est trop important, le vaisseau risque de brûler. S'il est trop faible, IXV risque de ne pas atteindre le point fixé pour son retour sur Terre, souligne ainsi l'ESA. La mission du véhicule expérimental sera courte: cent minutes.

L'objectif est de permettre à l'Europe de se doter, à terme, de l'appareil le plus polyvalent possible, c'est-à-dire capable d'effectuer des missions spatiales aussi variées que de mettre en orbite des satellites, collecter des informations, ou bien être capable à la fois d'emmener et de ramener des équipages sur terre.

Rattraper le retard

A l'heure actuelle seule la Russie avec sa capsule Soyouz est à même d'organiser le retour d'astronautes.

Le Dragon de la société américaine SpaceX permet, lui de ramener du fret. Et la Nasa a lancé avec succès, en décembre, son véhicule expérimental Orion dont la capsule a effectué sans problème son retour sur Terre.

L'autre objectif est que l'appareil puisse être réexploité. C'est l'autre enjeu de l'entrée dans l'atmosphère. La profession cherche actuellement à réduire de plus en plus les coûts, comme l'illustre la réussite de Space X. Le but sera ainsi de pouvoir définir le lieu précis de l'atterrissage de l'appareil. La navette XIV devra, à ce titre, amerrir dans l'océan Pacifique avant d'être récupérée par un navire.

Guillaume Paul avec AFP