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Pourquoi Free évite de relancer la guerre des prix sur le fixe

Xavier Niel a choisi le prix symbolique de 29,99 euros par mois, qui a fait son succès, pour sa nouvelle box Freebox mini 4K, lancée ce 10 mars 2015

Xavier Niel a choisi le prix symbolique de 29,99 euros par mois, qui a fait son succès, pour sa nouvelle box Freebox mini 4K, lancée ce 10 mars 2015 - AFP Eric Piermont

Free n'a pas suivi Bouygues Telecom sur la guerre des prix du haut débit fixe afin de préserver ses marges. De plus, en choisissant Android TV pour sa nouvelle mini-box d'entrée de gamme, il s'évite des coûts de développement élevés.

Ouf de soulagement chez ses rivaux opérateurs, Free, en présentant sa nouvelle box entrée de gamme miniature, n'en a pas profité pour casser les prix du très haut fixe.

Free est resté fidèle au prix de 29,99 euros par mois qui a fait son succès originel sur le marché des box ADSL. Ce tarif est celui du forfait fixe (sans engagement) qui accompagne cette Freebox mini 4K qui remplace la Freebox Crystal d'entrée de gamme et est cinq fois plus petite en taille que sa prédécesseure. Par ailleurs, les possesseurs d'une Freebox Révolution pourront obtenir le décodeur télé de la nouvelle "mini 4K" pour 1,99 euro mensuel.

Certes, le prix de 29,99 euros est inférieur de 1,99 euro au prix du forfait associé à la Freebox Crystal. Mais on est très loin du prix de 19,99 euros pratiqué par Bouygues Telecom pour son offre ADSL entrée de gamme. Les deux opérateurs sont d'ailleurs toujours à couteaux tirés sur le plan commercial.

Bouygues Telecom gagne des clients fixes grâce à ses baisses de prix

Sur le marché du haut débit fixe, cette stratégie de baisse de prix a permis à la filiale du groupe Bouygues de gagner 415.000 nouveaux clients en 2014, dont 110.000 au quatrième trimestre, pour un parc total de 2.428.000 clients à fin décembre 2014.

"Notre métier de base chez Free, ça reste le fixe, nous avons plus de 550.000 abonnés en très haut débit" a ainsi martelé le créateur d'Iliad. Une manière de rappeler que le trublion des télécoms vit encore très bien de son activité historique dans les réseaux haut débit fixes.

L’Ebitda en valeur absolue du groupe Iliad a progressé de près de 7% par rapport au 1er semestre 2013 et a atteint désormais 624 millions d’euros.

La marge du fixe chez Iliad compense celle plus faible du mobile

Mais, la marge d’Ebitda était en baisse de plus d’un point au premier semestre 2014, pour s’établir à 30,9% au 3 juin 2014 en raison du poids croissant des activités mobiles, à plus faible marge, dans le chiffre d’affaires du groupe. Autrement dit, il n'est pas question pour l'opérateur de risquer de réduire sa marge sur les revenus issus du fixe, alors qu'il est encore en plein phase d'investissement et d'acquisition de nouveaux abonnés dans le mobile. Il se profile également les enchères fin 2015 sur les fréquences 700 MHz sur lequel Free devra aussi se positionner en cassant sa tirelire.

Par ailleurs, en choisissant le logiciel Android TV de Google pour sa nouvelle box entrée de gamme, il s'évite de coûteux développements de logiciels internes et de maintenance. "Il s'agit de la première box triple-play à intégrer Android TV (la télévision connectée de Google, Ndlr) et la première box opérateur à proposer la compatibilité 4K", a-t-il assuré.

Bouygues a précédé Free dans le choix d'Android pour sa box

"On a décidé de faire entrer Google dans la maison et de l'installer dans vos téléviseurs parce vous aimez Google", a déclaré Xavier Niel à l'assistance venue assister au lancement médiatique, avec le brin d'auto-dérision qu'on connaît au fondateur de Free.

"Nous avons choisi Google car cela nous ouvre la communauté des développeurs Android. Il nous est également possible de développer un boîtier à des prix ultra-compétitifs compatibles avec notre stratégie de démocratisation de l'accès au très haut débit " commentait Olivier Roussat, PDG de l'opérateur, lors de la présentation de la Miami Box, qui n'utilise pas Android TV mais Google TV, une version antérieure. Le duel à distance entre les deux opérateurs se poursuit donc sans répit.

Frédéric Bergé