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Pour le PDG de Bouygues Telecom, "le marché à 4 opérateurs est rentable et viable"

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- - Eric Piermont-AFP

Olivier Roussat estime que les quatre opérateurs dégagent suffisamment d'argent pour investir chacun dans les réseaux très haut débit. En retard sur les réseaux fixes, la filiale de Bouygues préfère tirer parti de la régulation applicable sur la fibre optique en France pour déployer son propre réseau progressivement.

Bouygues Telecom a-t-il les moyens de soutenir le "mur" d'investissement qui attend les opérateurs pour se développer dans la fibre optique et la 5G mobile? Son PDG, Olivier Roussat, invité sur l'antenne de BFM Business, affiche une confiance sans faille en la matière. "Notre entreprise refait des bénéfices et dégage à nouveau des niveaux de cash suffisants pour assurer la totalité de ses investissements. On est en train de repartir et pas seulement d'atteindre un palier" explique le dirigeant de l'opérateur.

"Primo, le marché est rentable. Tous les acteurs gagnent de l'argent. Deuxio, tous les acteurs dégagent suffisamment d'argent nécessaire à leur développement, alors que les télécoms consomment beaucoup de capital. Le secteur est donc non seulement rentable, il est viable" argumente Olivier Roussat.

Les opérateurs demandent un plafonnement de la taxe sur les antennes

Questionné sur sa stratégie de couverture progressive en fibre optique de l'Hexagone, le PDG répond: "Nous avons la plus petite base d'abonnés aux réseaux fixes du marché. Ce qui était important pour nous, c'était d'investir dans la fibre optique au rythme d'accroissement de notre base de clients. La régulation actuelle fait que si un opérateur investit 1 milliard d'euros, il a accès à 5% de la totalité des prises en fibre optique disponibles dans l'Hexagone. La réglementation nous permet de grossir progressivement".

Enfin, concernant la volonté affichée par le gouvernement d'inciter les quatre opérateurs à améliorer la couverture en réseaux mobiles du territoire, Olivier Roussat se fait le porte-parole du secteur qui attend des contreparties. "Nous négocions un allègement de la fiscalité propre au secteur des télécoms pour nous aider à réaliser cet objectif. Ne serait-il pas possible de plafonner la taxe IFER sur les antennes-relais lorsqu'elle s'applique aux pylônes installés dans des zones non-rentables?" se demande le PDG de l'opérateur.

Frédéric Bergé