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Pour la Cour suprême allemande, AdBlock Plus est un service légal

La cour suprême allemande vient de rejeter la demande du groupe de presse qui estimait que le blocage des publicités est illicite.

La cour suprême allemande vient de rejeter la demande du groupe de presse qui estimait que le blocage des publicités est illicite. - John MacDougall - AFP

La Cour suprême allemande a rejeté la demande du groupe de presse Axel Springer contre Eyeo, la société éditrice du logiciel de blocage de publicités. Selon la justice, ce service ne viole pas la loi et ne constitue pas de concurrence déloyale.

Coup de théâtre en Allemagne dans l’affaire qui oppose depuis 2016 le groupe de presse Axel Springer et Eyeo, la société éditrice du logiciel Adblock Plus. La cour suprême allemande vient de rejeter la demande du groupe de presse qui estimait que le blocage des publicités en ligne et l’inscription payante sur une liste blanche qui permet d’exclure des annonceurs de ce blocage étaient illicites.

Selon la justice fédérale, aucun de ces deux services ne viole pas la loi et constitue pas de concurrence déloyale. Elle estime aussi qu’il n’y a pas "suffisamment de preuves" que les services d’Eyeo "perturbent le modèle économique qui consiste à fournir du contenu gratuit sur Internet".

"Une attaque contre les médias libres"

Cette décision va dans le sens de celles des tribunaux régionaux de Munich et d’Hambourg qui l’un et l’autre estimaient que les internautes ont le droit de bloquer les publicités d’un site Internet. "L'utilisation du logiciel de blocage repose sur la décision autonome des internautes" et qu’après "examen des intérêts des parties concernées" la justice n'a pu "conclure que le demandeur est injustement entravé".

Pour Axel Springer, les outils de blocage des publicités restent une "attaque contre les médias libres". Le groupe de presse a d’ores et déjà annoncé qu'il comptait faire appel de cette décision auprès de la Cour constitutionnelle du pays.

Le groupe médias possède des titres allemands comme Bild et Die Welt, ainsi que des sites français parmi lesquels AuFéminin, SeLoger ou Marmiton. En 2014, il a pris une participation de 20% dans le moteur de recherche Qwant.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco