BFM Business

Pour Drahi, SFR était une "fille à papa" du temps de Vivendi

Patrick Drahi justifie sa gestion à la paille de fer des comptes et des factures chez SFR par la gestion dispendieuse du passé;

Patrick Drahi justifie sa gestion à la paille de fer des comptes et des factures chez SFR par la gestion dispendieuse du passé; - Eric Piermont-AFP

Interrogé par les députés, Patrick Drahi a justifié sa gestion serrée des coûts chez SFR en invoquant les habitudes dépensières du passé. Le rival de Xavier Niel a aussi répliqué aux critiques sur le niveau de sa dette.

Patrick Drahi a chargé la barque du management précédent chez SFR. De retour des Etats-Unis, où il avait rencontré le PDG de Time Warner Cable, pour discuter d'un éventuel rapprochement entre les deux groupes, le magnat des télécoms a rencontré les députés en commission.

Selon lui, les réductions de coûts commencent à porter leurs fruits au sein de l'opérateur télécoms SFR racheté l'année dernière par Altice via Numericable.

Alice prend le temps nécessaire pour étudier les facture des sous-traitants, mais n'a aucun impayé, a assuré Patrick Drahi aux députés, estimant que SFR se comportait comme une "fille à papa" lorsqu'elle était la filiale de Vivendi: "Elle dépensait de l'argent mais elle savait que ce n'était pas elle qui payait la facture" a-t-il expliqué.

Une centaine de cadres privés de liberté de dépenser 

"A la fin du mois, la fille à papa envoyait le relevé de la carte bleue de tout ce qu'elle avait dépensé et la maison-mère payait rubis sur l'ongle sans regarder les dépenses de la jeune princesse." a souligné le magnat des télécoms, adepte d'une gestion ultra-serrée des coûts dans les entreprises qu'ils reprend.

Patrick Drahi justifie ainsi le fait d'avoir retiré les pouvoirs d'engagements à la centaine de collaborateurs de SFR qui pouvaient, auparavant, engager des dépenses de plusieurs centaines de milliers d'euros. Une partie de l'encadrement de l'entreprise s'est même rebiffée début 2015, contre le nouveau management mis en place par l'acquéreur et ses méthodes.

SFR, touché de plein fouet par l'offensive de Free Mobile depuis début 2012, pâtit en outre d'un réseau mobile de couverture géographique inférieure à ceux de ses rivaux à cause du sous-investissement chronique de Vivendi, a asséné Patrick Drahi, en jouant à fond la carte de l'héritage à assumer.

Le PDG a promis d'améliorer le réseau d'ici la fin de l'année en cours, en augmentant fortement les investissements.

Un endettement qui atteindrait 5,5 fois l'Ebitda d'Altice

Selon une note d'analyse de RBC Capital markets, l'endettement déjà considérable d'Altice devrait atteindre après le rachat de Suddenlink la somme nette de 33,4 milliards de dollars, soit 5,5 fois son résultat brut d'exploitation (ou Ebitda). Par comparaison, Altice affiche une capitalisation 32 milliards d'euros.

Interrogé sur ce point par les membres de la commission des des Affaires économiques de l'Assemblée, Patrick Drahi les a invité à prendre en compte le caractère relatif de sa dette: "Il ne faut pas regarder notre ratio d'endettement à l'instant T", a-t-il déclaré en expliquant que l'objectif de son groupe ne devait pas être de "réduire de l'endettement", mais de "faire de la croissance".

"Si vous êtes en décroissance, votre plus gros problème est votre dette. Si vous êtes en croissance, votre plus gros problème est: quelle va être ma prochaine avenue de croissance? Et non pas comment je fais pour rembourser ma dette? car elle se rembourse en cinq ans", a-t-il ajouté

F.Bergé avec AFP/Reuters