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Nokia-Alcatel: "un choc" pour Stéphane Richard

Stéphane Richard était l'invité de BFM Business.

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Stéphane Richard était l'invité de BFM Business ce 15 avril. Il est notamment revenu sur le rachat d'Alcatel-Lucent par Nokia.

"C'est un choc, un changement violent". Stéphane Richard était l'invité de BFM Business ce 15 avril et il est revenu sur le rachat d'Alcatel-Lucent par Nokia. Néanmoins, pour le PDG d’Orange, cette concentration était inéluctable.

"Des grands équipementiers, il y en peu : Nokia, Ericsson, Huawei et Alcatel. En mettant le chinois de côté, il en reste trois, c'est un de trop. Nous nous attendions à un mouvement". Et il ajoute : "nous allons donc maintenant nous retrouver dans une forme de duopole".

Ce n'est pas vraiment une surprise donc, mais cette concentration pose quand même quelques questions, notamment pour Orange. "La moitié de notre réseau mobile français est fait avec des équipements Alcatel. Donc la première question qu'on se pose est : qu'est ce qui va advenir de ses matériels? Un réseau mobile, c'est beaucoup de maintenance, beaucoup d'intelligence à apporter continument au système".

Néanmoins, Stéphane Richard ne s'estime pas inquiet. "Nokia est une belle entreprise, ce sont de belles équipes. Nous avons aussi beaucoup de relations avec eux".

"Grande victoire morale et intellectuelle"

L'offensive de la Commission européenne, qui a accusé le géant américain Google d'abus de position dominante dans la recherche sur internet, "est une grande victoire morale et intellectuelle", a estimé Stéphane Richard, le patron de l'opérateur Orange. Il s'agit d'un "signal très important pour tout l'écosystème numérique".

Cela fait "des années que l'on avait l'impression de prêcher un peu dans le désert à Bruxelles en disant : vous ne vous intéressez qu'aux problèmes de concurrence entre les opérateurs", "vous persécutez continuellement" les opérateurs qui veulent réaliser des rapprochements, a-t-il expliqué.

"Et pendant ce temps on a des géants qui écrasent tout en utilisant des positions qui sont ultradominantes et contre lequel vous ne faites rien", résumé Stéphane Richard, se réjouissant que la Commission européenne soit finalement passée à l'action.

Le patron d'Orange a estimé que son groupe ne faisait pas le poids face à Google qui a "une position ultradominante dans un service essentiel sur internet", la recherche, et de par son système d'exploitation mobile Android.

"Comment voulez-vous qu'un opérateur établisse un rapport de force avec Google, c'est impossible", les différends doivent donc être du ressort des autorités européennes, a-t-il estimé.

"L'économie de l'internet est une économie mondiale"

Par ailleurs, le responsable s'est interrogé sur le feu vert du gouvernement au rachat d'Alcatel-Lucent par le finlandais Nokia, alors que les projets de prise de participation dans Dailymotion, plateforme de vidéo en ligne contrôlée par Orange, par les groupes américain Yahoo! et hongkongais PCCW avaient été bloqués.

"C'est un peu bizarre, il faut croire que Dailymotion est plus stratégique pour la France qu'Alcatel", a-t-il noté. Il a souligné que le veto du gouvernement à de telles opérations "était un contresens" puisque "l'économie de l'internet est une économie mondiale".

Et enfin, Stéphane Richard est revenu sur ses annonces de la matinée sur le 100% fibre. Orange a va déployer le FTTH (fibre à domicile) dans neuf grandes villes d’ici fin 2016 (Brest, Bayonne, Caen, Lille, Lyon, Metz, Montpellier, Nice et Paris). "C'est la volonté d'Orange d'être à la pointe du très haut débit". Son ambition est de passer de 4 millions de logements raccordables en avril à 12 millions en 2018 et 20 millions en 2022

D. L.