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Miitomo: la reculade de Nintendo dans le jeu sur smartphone

Le PDG de Nintendo, Tatsumi Kimishima, a jeté un froid lors d'une conférence d'analystes en indiquant que la première "appli" pour mobile ne serait disponible qu'en mars 2016 au lieu de décembre 2015.

Le PDG de Nintendo, Tatsumi Kimishima, a jeté un froid lors d'une conférence d'analystes en indiquant que la première "appli" pour mobile ne serait disponible qu'en mars 2016 au lieu de décembre 2015. - Kazuhiro Nogi -AFP

La Bourse a sanctionné Nintendo qui retarde de plusieurs mois son entrée sur le marché du jeu sur smartphone. Le groupe veut continuer de profiter à plein des fêtes de fin d'année avec ses jeux onéreux réservés à ses consoles.

Nintendo recule avant de se jeter dans l'océan peu amène des jeux pour mobiles. L'action de l'éditeur nippon de jeux pour consoles a plongé de près de 9% jeudi 29 octobre, après l'annonce d'un report du lancement de la première application pour smartphone.

Le PDG du groupe, Tatsumi Kimishima, a jeté un froid lors d'une conférence d'analystes en indiquant que la première "appli" ne serait disponible qu'en mars 2016 au lieu de décembre 2015.

La Bourse a sanctionné Nintendo à la mesure des attentes qu'elle avait placé dans la firme japonaise depuis qu'elle avait annoncé, en mars 2015, un partenariat avec la société DeNA. Celle-ci gère une plateforme de programmes pour mobiles. L'action du pionnier nippon des jeux vidéo s'était alors envolée de 21%.

L'explosion des jeux pour mobile bouscule Nintendo

La reculade de Nintendo peut aussi être interprétée comme la volonté de ne pas perturber son modèle économique à l'approche des fêtes de fin d'année. Nintendo a bâti son succès sur des jeux onéreux fonctionnant exclusivement sur ses consoles. Mais la montée en puissance des jeux pour smartphones l'oblige à infléchir sa stratégie en remettant en cause son modèle économique et l'incitant à se diversifier.

M. Kishima a assuré que l'impact sur les comptes du report de son entrée sur le marché du mobile devrait être minime d'autant que cette application sera à la base gratuite (seuls des additifs seront payants). Mais cela n'a pas suffi à tempérer la déception des donneurs d'ordres qui avaient parié sur des nouveautés plus lucratives et n'ont en outre pas forcément été convaincus par la nature de l'application présentée.

Appelée Miitomo, un nom dérivé d'un divertissement existant sur les consoles de Nintendo, cette future application n'est pas vraiment un jeu. Elle permet de communiquer sur Internet depuis son mobile, en se créant un avatar.

Sa première application mobile ne sera pas un jeu

Cela ressemble un peu aux application de messagerie Line ou Messenger (Facebook), mais avec des fonctions ludiques supplémentaires, sur lesquelles le patron de Nintendo ne s'est cependant guère étendu.

"Il existe certes déjà beaucoup d'applications de communication pour smartphone, mais c'est encore quelque chose de différent", s'est borné à assurer M. Kimishima en ne présentant que quelques images de Miitomo.

Quatre autres jeux annoncés pour smartphone devraient suivre, portant à cinq le nombre de titres Nintendo pour les mobiles au total d'ici à mars 2017. Ce total n'intègre pas Pokemon Go, un jeu de réalité virtuelle pour smartphone en cours de développement chez Niantic, studio auquel Nintendo a récemment décidé d'apporter des fonds aux côtés de la société Pokemon Company et du géant américain Google.

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Nintendo, qui avait dévoilé mercredi 28 octobre ses résultats semestriels, a confirmé qu'il se remettait lentement d'une période difficile en revenant dans le vert sur le plan opérationnel grâce à des ventes en hausse de 19%, même si le résultat net a chuté de 20% à cause d'un élément exceptionnel.

Frédéric Bergé avec AFP