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Lobbying à Bruxelles: Google dépense moins que Microsoft

Google est une entreprises très active en matière de lobbying bruxellois, mais elle loin d’être le leader du genre.

Google est une entreprises très active en matière de lobbying bruxellois, mais elle loin d’être le leader du genre. - Phlipple Huygens (AFP)

Pour défendre leurs intérêts les grands groupes internationaux dépensent des fortunes. Et Google est loin d'être le plus dépensier. ExxonMobile, Philip Morris et… Microsoft mettent bien plus de moyens dans la défense de leurs intérêts.

En Europe, le lobbying est souvent mal perçues par l'opinion publique. Ce qui n'empêche pas les grands groupes internationaux d'y recourir en permanence pour faire en sorte que la réglementation européenne pénalise le moins possible leurs activités. Chaque année, elles consacrent à cette défense de leurs intérêts plusieurs centaines de millions d'euros.

C'est évidemment le cas de Google. Le géant américain a triplé ses dépenses en lobbying à Bruxelles entre 2013 et 2014. Son budget est passé de 4,2 à 4,8 millions de dollars, selon le New-York Times, qui s'appuie sur l'évaluation de LobbyFacts. Or déjà, entre 2010 et 2013, ce budget avait été multiplié par trois.

Surprenant? Non! Le groupe californien est empêtré depuis des années dans des affaires d’abus de position dominante, d’optimisation fiscale ou de traitement de données personnelles. Il fait donc tout pour amadouer la commission européenne.

ExxonMobile et Philip Morris sont en tête

Mais, si Google est très actif en matière de lobbying bruxellois, il est loin d’être le champion du genre. Si l’on ne prend que les entreprises américaines, le groupe californien figurait l'an passé en 4ème position. Devant lui : Philip Morris (entre 5 et 5,25 millions d’euros), ExxonMobil (entre 4,75 et 5 millions d’euros) et Microsoft qui a dépensé -ou investi-–entre 4,5 et 4,75 millions d’euros.

Pour Google, ces millions consacrés à la défense de ses intérêts, sont il est vrai cruciaux. Menacé de très lourdes amendes dans plusieurs dossiers -on parle d'une "facture" total de plus de 6 milliards d’euros, soit 10% de son chiffre d’affaires- le géant américain doit convaincre des interlocuteurs pas très conciliants. A commencer par Margrethe Vestager, commissaire européenne à la Concurrence. Cette Danoise lui donne plus de fil à retordre que son prédécesseur, Joachin Almunia connu pour sa propension à arrondir les angles. Ce dernier avait lancé les procédures d’abus de position dominante contre Google dès 2010. Mais, en cinq ans, il n’en avait bouclé aucune. Margrethe Vestager s'est quelques mois pour y parvenir.

Pascal Samama