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Les géants américains du cloud font les frais du scandale Prism

Depuis le scandale de Prism, les entreprises n'utilisent plus un, mais plusieurs hébergeurs, un aux Etats-Unis et un en France.

Depuis le scandale de Prism, les entreprises n'utilisent plus un, mais plusieurs hébergeurs, un aux Etats-Unis et un en France. - -

Amazon, Google, Microsoft et les autres sont les grands perdants du scandale Prism. Les soupçons d'espionnage du gouvernement sur les serveurs de ces grands groupes ont créé une grande méfiance chez leurs clients, surtout étrangers.

Pour les clients de Google, Microsoft ou Amazon, c'est un retour brutal à la réalité. Ils avaient la tête dans les nuages, ce fameux cloud où les géants américains du web stockent leurs données.

Le scandale Prism et ses risques d'espionnage de données sensibles marque la fin de l'insouciance. Certaines entreprises n'hésitent pas à mettre les voiles.

Une récente étude estime que les géants américains du cloud pourraient perdre jusqu'à 20% de leur part de marché à l'international dans les trois prochaines années. Un manque à gagner qui pourrait atteindre 35 milliards de dollars.

Les entreprises font appel à plusieurs hébergeurs

Sur le papier, c'est une aubaine -entre autres- pour les acteurs du "cloud à la française", qui garantissent un stockage national des données. Chez Orange, si on n’observe pas encore un afflux massif de clients, on observe que les interrogations des entreprises se font de plus en plus précises : où sont localisées mes données ? Est-ce que j'en reste propriétaire ? D'un cloud éthéré, désincarné, on revient à des questions très terre à terre.

Autre évolution notée par un expert du secteur, les entreprises n'utilisent plus un, mais plusieurs hébergeurs, un aux Etats-Unis et un en France. Plus question de mettre tous ses œufs dans le même panier.

Pour les clients du cloud, Prism marque peut-être le passage à l'âge adulte, d'un angélisme débridé à un pragmatisme beaucoup plus mesuré.

Anthony Morel