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Le programme Galileo relancé

Le lanceur Soyouz a réussi à mettre en orbite les satellites 7 et 8 de la constellation Galileo

Le lanceur Soyouz a réussi à mettre en orbite les satellites 7 et 8 de la constellation Galileo - Jody Amiet - AFP

La mise en orbite de deux nouveaux satellites de la constellation Galileo a été succès, ont annoncé ce samedi 28 mars, l'agence spatiale européenne et Arianespace. Ce qui marque la reprise du déploiement de ce programme visant à offrir à terme une alternative au GPS américain.

Galileo est de nouveau sur de bons rails. Le lanceur russe Soyouz a, en effet, réussi à mettre en orbite les satellites 7 et 8 de cette constellation, relançant le projet européen de système de géolocalisation sept mois après l'échec retentissant d'une mission semblable.

"Je suis ravi, en fonction de toutes les informations dont nous disposons et qui ont été recoupées (...), de vous dire que Adam et Anastasia (les noms des deux satellites, ndlr) sont bien sur l'orbite où ils devaient être", a déclaré Stéphane Israël, le PDG d'Arianespace, la société chargée d'organiser le tir, sous les applaudissements. "C'est donc un plein succès", a-t-il ajouté.

"Ce lancement marque la reprise du déploiement de la constellation Galileo", a souligné le directeur général de l'agence spatiale européenne (ESA), Jean-Jacques Dordain, cité dans le communiqué de l'ESA. "Nous avons franchi une étape supplémentaire pour doter l'Europe d'un système mondial de navigation par satellite", a affirmé pour sa part, la commissaire européenne à l'Industrie, Elzbieta Bienkowska.

Un important revers en août dernier

Décidé au début des années 2000, Galileo vise à rendre l'Europe indépendante du GPS (Global Positioning System) américain, qui rend de multiples services dans les domaines routier, maritime, etc. 30 satellites doivent ainsi être déployés à terme.

Mais au fil des ans, le programme a accumulé les retards pour des raisons diverses et les coûts se sont alourdis. Le 22 août dernier, il avait subi un sérieux revers lorsque Fregat a placé sur une mauvaise orbite deux satellites, Sat-5 et Sat-6.

Une commission d'enquête a établi que le problème avait été provoqué par un gel du carburant lié à un "design imprécis" sur des tuyaux d'alimentation de Fregat, selon Arianespace. Des actions correctrices ont été effectuées par le fabricant russe de Fregat. Fin janvier, la Commission européenne, qui finance à 100% Galileo, a fini par donner son feu vert à une reprise des tirs par Soyouz fin mars.

Un fonctionnement partiel pour 2016

"Avec les six nouveaux satellites qui doivent fonctionner d'ici la fin de l'année, nous approchons désormais du rythme de croisière pour la production, l'essai et le déploiement des satellites de la constellation", a estimé Didier Faivre, directeur du programme Galileo à l'ESA.

D'après l'agence, "quatre autres satellites Galileo actuellement à l'essai ou en fin d'intégration doivent encore être lancés dans le courant de 2015". Quatre satellites "test" réalisés par un consortium dirigé par Airbus Defence and Space (ex-Astrium) ont été lancés en 2011 et 2012. Mais l'un d'entre eux a rencontré un problème et il ne peut fonctionner correctement pour la fonction navigation. La Commission européenne a également acheté 22 satellites fabriqués par OHB.

L'Europe espère que dès la fin 2016, Galileo aura 14 satellites en orbite et qu'il pourra rendre ses premiers services aux utilisateurs, en apportant un plus à ceux offerts par le GPS, les deux systèmes étant compatibles.

Vers une facture de 12 milliards d'euros

Objectif de la Commission européenne: que la constellation Galileo soit totalement opérationnelle en 2020. "La mission Galileo est remplie avec 24 satellites mais nous souhaitons avoir six satellites de rechange", avait souligné Didier Faivre avant le tir.

Pour le moment, l'Europe a acheté 26 satellites. Elle va donc devoir en commander d'autres d'ici le début de l'année prochaine.Le programme Galileo a déjà coûté environ cinq milliards d'euros. Pour la période 2014-2020, l'Europe a prévu de dépenser sept milliards d'euros.

J.M. avec agences