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Le paiement par carte coûtera bientôt moins cher aux commerçants

Après iZettle et Sim&Pay, une nouvelle start-up propose des services de paiements par carte bancaire qui remettent en question l'offre des acteurs historiques.

Après iZettle et Sim&Pay, une nouvelle start-up propose des services de paiements par carte bancaire qui remettent en question l'offre des acteurs historiques. - Chris Hondros - Getty Images North America/AFP

"Plusieurs start-up proposent aux commerçants des alternatives au terminal de paiement de leur banque. Et pour s'attaquer à ce juteux marché, elles n'hésitent pas à casser le modèle économique des leaders du marché."

"Désolé, notre lecteur est en panne, mais vous avez un distributeur pas loin". Cette phrase, qui ne l’a pas entendu au moment de régler un achat ou avant de prendre un taxi? C’est parfois vrai, mais souvent, les commerçants cherchent surtout, avec ce "coup de la panne", à éviter que vous payez par carte. Soit pour échapper à toute ponction fiscale soit en raison des frais que génèrent pour eux cette forme de paiement. Entre la location du terminal de paiement, la commission (avec un forfait minimum sur chaque transaction) et les éventuels coûts de communication pour vérifier la validité de la carte, la facture peut, il est vrai, se révéler ruineuse.

Les commerçants devraient donc se monter fort intéressés par les offres que s'apprêtent à leur faire plusieurs start-up soucieuses de casser le modèle en la matière. C'est le cas de BeCash, une entreprise suisse qui propose des terminaux de paiement sans abonnement, ni taxe. Elle vend six terminaux de paiement selon l'activité du commerce dont les prix vont de 99 à 347 francs suisses, soit 90 à 315 euros. Quant aux frais de transactions, "ils sont de 1,5% pour les cartes de débit et 2,5% pour les cartes de crédit", précise le site de BeCash. 

Un vrai concurrent pour les banques 

L’entreprise se positionne comme un concurrent direct des banques traditionnelles puisque les paiements réalisés avec la carte ne sont pas obligatoirement crédités sur le compte bancaire du commerçant. Ce dernier est même plutôt financièrement incité à laisser les sommes ainsi gagnées sur un compte "ipay" adossé à une Mastercard business qui lui est délivrée gratuitement.

"Aujourd’hui, nos trois principaux concurrents proposent des prix qui n’ont rien à voir avec les nôtres. Ils facturent en moyenne 2.000 francs le terminal (1.830 euros), plus 300 à 500 francs (275 à 458 euros) pour le service par année" souligne le créateur de BeCash, Malik Khalfi, interrogé par le quotidien suisse, Le Temps. À cela, il faut ajouter les commissions. "Ce sont des tarifs beaucoup trop élevés pour des petits commerçants" estime le fondateur de cette start-up qui ne compte pas se cantonner à la Suisse.

Un lecteur déjà compatible avec Apple et Android Pay

Comment BeCash parvient à offrir ce que d’autres entreprises vendent à prix d’or? La start-up mise sur plusieurs leviers, tous numériques. D’abord, elle n’a pas recruté une armada de commerciaux pour vendre sa solution. Elle déploie le service avec seulement trois salariés. Pour s’y abonner, il faut donc soit se rendre physiquement dans ses locaux à Coppet (Canton de Vaud, Suisse), soit signer un contrat par Internet.

L’autre levier repose sur le déploiement imminent des services de paiement d’Apple et Google qui permettent de payer sans contact avec des smartphones grâce aux puces NFC. "Notre service est déjà prêt", assure Malik Khalfi qui assure avoir déjà signé avec un millier de commerçant.

Le suédois iZettle propose, lui, deux terminaux déjà disponibles en France. Le premier est compatible NFC et dispose d’un écran. Il est commercialisé 79 euros par mois. Le second, plus basique, est totalement gratuit. Pour se rémunérer, iZettle prend une commission de 2,75% à 1,50% selon le volume de paiement encaissé avec la carte.

Autre solution, française celle-là. Slim&Pay vise non seulement les commerçants, mais les artisans, auto-entrepreneurs ou les professions libérales qui hésitent à passer à la carte en raison des frais qu’elle engendre. Smile&Pay propose un mini lecteur de carte bancaire, une appli mobile et un site internet. Le lecteur coûte 89 euros, les autres services sont gratuits.

Refuser le paiement par carte coûte cher aux commerçants

Si ces nouveaux services peuvent améliorer les revenus des commerçants avec la réduction des frais inhérents à la carte bancaire, ils peuvent aussi améliorer leur chiffre d’affaires en évitant que des clients renoncent à acheter un bien ou un service chez eux parce qu'on exigeait d'eux qu'ils paient en espèces. Selon un sondage IFOP réalisé en 2013, 70% des consommateurs détenteurs d'une carte ont déjà été confrontés à l’impossibilité de payer avec. 36% ont jugé cette situation "inadmissible".

Et, toujours selon ce sondage, près de 6 Français sur 10 ont déjà renoncé à leur achat pour cette raison. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, ces clients confient qu’ils sont allés faire leurs emplettes dans des magasins qui acceptent la carte.

Pascal Samama