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Le crowdfunding a passé un cap en France

Kickstarter va bientôt arriver en France.

Kickstarter va bientôt arriver en France. - Kickstarter

Les sites français de financement participatif ont récolté 152 millions d'euros en 2014. Et avec le géant américain Kickstarter qui pourrait s'installer bientôt dans l'Hexagone, la collecte d'argent devrait continuer de s'amplifier.

Le financement participatif se porte très bien en France. Les sites français de crowdfunding ont récolté 152 millions d'euros en 2014. Cela représente un quasi-doublement par rapport à 2013, selon les chiffres de l'association Financement Participatif France publiés mercredi 18 février. La France devient le pays en tête du secteur en Europe continentale.

Dans le détail, les plateformes de prêt ont collecté 88,4 millions d'euros l'an dernier (+84%), suivies par les plateformes de don qui ont récolté 38,2 millions d'euros (+97%) et par les sites d'investissement en capital, qui ont collecté 25,4 millions d'euros (+146%).

En moyenne, les projets présentés sur les sites de financement en capital ont récolté 376.733 euros, ceux présentés sur des sites de prêt 65.448 euros et les projets demandant des dons environ 3.000 euros.

Avec 20.380 projets mis en ligne en 2014 sur l'ensemble des types de plateforme, ce sont 64.500 projets qui ont pu être financés grâce au financement participatif depuis 2008, souligne le baromètre de l'association réalisé par la société Compinnov.

"La première fois que l’on a vraiment entendu parler de crowdfunding c’était avec la musique. Le chanteur Grégoire qui avait fait financer la sortie de son titre Toi + Moi grâce à la plateforme MyMajorCompany. En quelques jours et sur la seule écoute de son titre il avait réussi à réunir suffisamment de fonds pour financer son clip vidéo et la production d’un CD. Depuis ce système de financement participatif s’est généralisé", explique Frédéric Simottel, éditorialiste à 01 Business.

Depuis 2008, 1,3 million de contributeurs ont soutenu un projet sur une plateforme de "crowdfunding" française. La contribution moyenne en 2014 s'élève à 4.470 euros pour l'investissement en capital, 561 euros pour le prêt rémunéré et 60 euros pour le don.

Plus de 78.000 projets financés depuis son lancement

Et cette lancée devrait se poursuivre. La plateforme américaine de financement participatif Kickstarter espère se lancer en France d'ici la fin de l'année, a indiqué mercredi un porte-parole, assurant toutefois qu'aucun calendrier n'était encore fixé.

La chaîne de télévision France 24 indiquait plus tôt que la société, basée à New York et employant actuellement 107 personnes, commençait à organiser des recrutements en France en vue d'un lancement d'ici probablement quelques mois.

Sur son site internet, la plateforme revendique plus de 78.000 projets financés depuis son lancement en 2009, avec des promesses de versements par 8 millions de personnes pour un total de plus de 1,5 milliard de dollars. Les créateurs de projets fixent un objectif de levée de fonds avec une échéance, et ne touchent de l'argent que si l'objectif est tenu. C'est le cas jusqu'ici pour 44% des projets présentés, selon Kickstarter, qui se finance en prélevant des frais correspondant à 5% des montants effectivement versés.

La plateforme permet depuis son lancement de collecter des fonds auprès d'internautes venus du monde entier. Un classement réalisé il y a un an montrait que la grosse majorité provenait des Etats-Unis (663,3 millions de dollars), suivis par le Royaume-Uni (54,4 millions) et le Canada (44,9 millions). La France arrivait en sixième position avec 10,1 millions de dollars promis.

"C'est quand même génial pour l'écosystème entrepreneurial ou artistique français de voir arriver en France, une plateforme avec une puissance de refinancement énorme", s'enthousiasme Charles Egly, le Président et co-fondateur de Prêt d'Union.

Et Frédéric Simottel précise: "en plus de lever des fonds, la compagne de crowdfunding permet de faire parler de soi, de créer une communauté autour de son produit. C’est une bonne façon pour les entreprises de tester l'accueil de leur projet auprès de potentiels clients. Une campagne qui marche permet de valider sa stratégie et de donner confiance à d’autres investisseurs".

D. L. avec agences