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Le chinois Xiaomi prépare son introduction record en Bourse

En dehors des smartphones, Xiaomi conçoit aussi des objets électroniques connectés : télévision, drones et mêmes des robots-aspirateurs.

En dehors des smartphones, Xiaomi conçoit aussi des objets électroniques connectés : télévision, drones et mêmes des robots-aspirateurs. - Sajjad Hussain-AFP

L'industriel chinois spécialiste des smartphones et des objets connectés a déposé un dossier d'introduction en Bourse à Hong Kong. Xiaomi pourrait lever jusqu'à 10 milliards de dollars, soit l'opération la plus importante d'un géant chinois de la high tech, depuis Alibaba en 2014.

La high tech chinoise a un candidat sérieux à une introduction en Bourse record. Le fabricant de smartphones Xiaomi a déposé une demande pour s'introduire en Bourse à Hong Kong. Selon l'agence financière Bloomberg, qui publie un document préliminaire déposé par Xiaomi auprès de la Bourse de Hong Kong, l'opération pourrait permettre à la firme chinoise de lever 10 milliards de dollars américains (8,4 milliards d'euros).

Un tel montant valoriserait la firme basée à Pékin entre 80 et 100 milliards de dollars (83 millions d'euros). Il s'agirait alors de la plus grosse introduction en Bourse depuis celle du géant chinois du commerce électronique Alibaba à New York en 2014, qui avait levé 21,8 milliards de dollars.

Xiaomi est devant Apple et Samsung en Chine

Xiaomi était le cinquième fabricant mondial de smartphones au troisième trimestre 2017, avec une part de marché de 7,4%, juste derrière ses compatriotes Oppo et Huawei, et le duo de tête Samsung-Apple. En Chine, au 1er trimestre 2018, il s'est hissé à la quatrième place derrière trois autres industriels chinois: Huawei, Oppo et Vivo, avec 13% du marché local mais devant Apple et Samsung.

Fondé en 2010, Xiaomi a connu un essor fulgurant et a annoncé l'an dernier avoir rejoint le club très fermé des géants des télécoms capables de produire leurs propres processeurs. La firme a toutefois connu un passage à vide en 2016 en réalisant des ventes mondiales nettement inférieures à ses objectifs.

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Plus de graphiques sur le site de Statista.

Même s'il écoule toujours l'écrasante partie de sa production en Chine, le groupe réalise d'ambitieuses percées sur les marchés émergents, notamment en Indonésie et en Russie, mais surtout en Inde, où il a engrangé plus d'un milliard de dollars de revenus en 2016. Il se tourne aussi vers les marchés plus matures comme l'Europe qu'il a abordé via l'Espagne et bientôt via la France ou sa première boutique doit ouvrir à Paris courant mai 2018.

Les fonds levés à Hong Kong apporteraient une manne bienvenue à l'heure où Xiaomi se diversifie dans les objets connectés -- notamment des enceintes interactives semblables à "l'Echo" d'Amazon -- et investit massivement dans l'intelligence artificielle.

Xiaomi a affiché des pertes importantes en 2017

Selon Bloomberg et les documents publiés pour préparer son entrée en Bourse, Xiaomi a essuyé une perte nette de 43,9 milliards de yuans (5,7 milliards d'euros) en 2017, après avoir dégagé un bénéfice l'année précédente. Mais le chiffre d'affaires a bondi de 67,5% à 114,5 milliards de yuans (15 milliards d'euros) en 2017.

En dehors des smartphones d'entrée et milieu de gamme, Xiaomi conçoit aussi des objets connectés mais il tire l'essentiel de ses profits des services internet (distribution de contenus vidéo ou musicaux en ligne). En revanche, cet industriel a toujours volontairement restreint sa marge brute sur les smartphones qu'il vend: elle n'était que de 8,8% en 2017 contre 60% pour ses services internet. Même si l'essentiel de ses volumes de vente sont réalisés avec des smartphones, la marque chinoise commercialise aussi des robots aspirateurs, des drones ou encore des purificateurs d’air.

Frédéric Bergé avec AFP