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La star du smartphone chinois montre des signes d'essouflement

Hier encore start-up la plus valorisée du monde, Xiaomi ne tiendra pas ses objectifs de ventes de smartphones cette année.

Hier encore start-up la plus valorisée du monde, Xiaomi ne tiendra pas ses objectifs de ventes de smartphones cette année. - AFP

Le chinois Xiaomi qui faisait peur à toute la planète smartphone revoit ses objectifs à la baisse. La start-up est victime de la saturation du marché chinois.

L'Apple chinois est-il déjà à bout de souffle? Alors qu'hier encore rien ne semblait arrêter le rouleau-compresseur Xiaomi, aujourd'hui l'ex-start-up la plus valorisée au monde est moins fringante. La société qui comptait vendre 100 millions de smartphones cette année (après en avoir écoulé 61 millions en 2014) a déjà revu ses objectifs à la baisse en mars dernier. Son PDG et fondateur Lei Jun annonçait vouloir vendre entre 80 et 100 millions de mobiles sur l'année 2015. Las, il semble que cet objectif ne sera même pas atteint. En juillet, la société pékinoise a ainsi communiqué des chiffres de ventes semestrielles plutôt décevants (34,7 millions d'unités) et très loin de l'objectif initial.

Surtout depuis quelques jours, les signaux semblent dans le rouge pour la pépite chinoise qui vend des téléphones à moins de 200 euros. Selon Canalys, les ventes du troisième trimestre 2015 seraient en baisse par rapport à la même période de 2014. Une première dans l'histoire de la compagnie créée en 2012 et qui connaît depuis une croissance annuelle à trois chiffres. Xiaomi se serait même fait dépasser sur la période par son rival Huawei.

La Chine, un marché déjà saturé

Plus inquiétant, une note du cabinet Trendforce estime que le fabricant ne redressera pas la barre en fin d'année et ne vendra pas plus de 70 millions de smartphones en 2015, soit au final à peine plus qu'en 2014.

Un ralentissement que personne n'avait anticipé et qui s'explique notamment par le ralentissement de la croissance chinoise. Les ventes de smartphones ont chuté au deuxième trimestre de 4%, une première sur ce marché. Surtout, après des années de forte croissance, la Chine est déjà devenu un pays mature pour les smartphones. "La Chine a atteint la saturation -son marché de la téléphonie est essentiellement tiré par le remplacement, avec moins de primo-accédants", assure Anshul Gupta, directeur de recherche chez Gartner.

Et le fabricant ne peut guère compter sur les ventes à l'export. Xiaomi ne se développe pas aussi vite que prévu dans les pays émergents que sont l'Inde et le Brésil. "Le Brésil connaît un ralentissement économique et les gens sont plus attentistes quant à leurs achats, explique Hugo Barra, le vice-président de Xiaomi et ancien responsable d'Android au sein de Google au magazine Forbes. Mais je pense que ça favorise notre approche (NDLR: attaquer le marché par le bas)." Jusqu'à présent, ce n'est pas flagrant.

Frédéric Bianchi