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La production de smartphones et de PC souffre à cause du coronavirus

Ordinateurs, smartphones, objets connectés... L'épidémie de coronavirus fait tousser l'industrie high-tech. Les volumes expédiés pourraient connaître des baisses à deux chiffres au premier trimestre.

Usines ralenties ou à l'arrêt, chaîne d'approvisionnement de composants rompue, transports paralysés. Le secteur high-tech souffre particulièrement de l'épidémie de coronavirus, l'essentiel de la production des ordinateurs, smartphones et autres objets connectés se faisant en Chine et en Asie.

Selon les dernières évaluations de TrendForce, la production mondiale de smartphones par exemple devrait se contracter de 12% au premier trimestre 2020 par rapport à la même période de 2019. Il s'agirait ainsi de la plus faible production trimestrielle de smartphones depuis 5 ans. Sur l'ensemble de l'année, TrendForce s'attend à une production en repli de 1,3% par rapport à 2019, avec 1,381 milliard de smartphones fabriqués. 

Le cabinet Canalys s'est lui concentré sur les livraisons mondiales de PC et a dressé deux scénarios (en fonction du degré d'impact minimal ou maximal de l'épidémie) pour les ventes de PC dans le monde.

"La principale différence entre les deux scénarios réside dans le temps qu'il faudrait pour que les opérations de production normales reprennent en Chine et dans le reste du monde avec un confinement et un contrôle réussis de l'actuelle épidémie de covid-19. Canalys prévoit, avec une certitude de 80%, que le meilleur scénario prévaudra".

Retour à la normale au mieux en avril pour l'industrie du PC

Dans le meilleur des cas donc, il faudrait attendre avril pour que les niveaux de production retrouvent leur pleine capacité. Conséquences sur les livraisons: elles devraient se replier de 10% au premier trimestre sur un an, de 9% les trois mois suivants pour une baisse annuelle de 3,4% cette année par rapport à 2019 à 382 millions d'unités.

Dans le pire des scénarios, il faudra attendre juin pour un retour à la normale de la production, d'où des livraisons en chute de 21% au premier trimestre sur un an, de 23% au deuxième et de 6% au troisième avant de repartir en hausse de 13% au quatrième. Soit un repli global de 8,5% à 362 millions d'unités.

La remise en route d'usines de grands assembleurs comme Foxconn constitue une lueur d'espoir mais ce redémarrage est encore très partiel. Les unités de production tourneraient actuellement à entre 20 et 40% de leur capacité. D'autant plus que chaque usine doit mettre en place des mesures de protection spécifiques et demander un permis officiel pour repartir.

Olivier Chicheportiche