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La nouvelle muraille de Chine contre les géants US de la high tech

Qualcomm va s'acquitter de la plus forte amende jamais payée par une firme étrangère ou chinoise. Microsoft est aussi dans le collimateur des autorités chinoises à cause de sa domination dans les systèmes d'exploitation pour PC.

Qualcomm va s'acquitter de la plus forte amende jamais payée par une firme étrangère ou chinoise. Microsoft est aussi dans le collimateur des autorités chinoises à cause de sa domination dans les systèmes d'exploitation pour PC. - AFP Greg Baker

Qualcomm, le géant américain des puces pour smartphones, va devoir payer une amende de 975 millions de dollars, pour ses pratiques sur le marché chinois. Microsoft est aussi visé par l'autorité chinoise de la concurrence.

Une nouvelle muraille de Chine, sous la forme d'une politique antitrust punitive, se dresserait-elle pour les géants de la high tech américaine? Qualcomm, puissant acteur des puces télécoms pour smartphones a écopé d'une amende de 975 millions de dollars, à la suite d'une enquête antitrust en Chine. C'est la plus importante condamnation pécuniaire jamais infligée à une firme étrangère ou chinoise, pour ses pratiques de marché.

Le groupe américain indique être "déçu par les résultats de l'enquête", mais assure qu'il "ne contestera pas" l'amende, infligée par une des autorités chinoises de la concurrence, la Commission nationale de réforme et de développement (NDRC).

Le litige porte sur la politique de cession de licences de brevets technologiques, pratiquée par Qualcomm.

Un groupe accusé de profiter de sa position dominante 

Pékin a agi à la suite à des plaintes de plusieurs acteurs chinois non identifiés qui protestait contre la politique commerciale du groupe qui aurait profité de sa position dominante pour imposer des prix élevés.

Qualcomm dit s'être entendu avec la NDRC pour modifier certaines de ses pratiques commerciales dans le pays, concernant notamment l'octroi de licences d'utilisation pour ses brevets de téléphonie mobile. Certaines de ces licences, jugées essentielles, pourront être acquises séparément d'autres licences du groupe. Qualcomm a aussi accepté de ne pas conditionner ses ventes de certaines puces à la signature d'un accord de licences dont les conditions seraient jugées "déraisonnables" par la NDRC.

"Nous sommes satisfaits que cette résolution dissipe l'incertitude entourant notre activité en Chine, et nous nous concentrerons maintenant pleinement sur le soutien de nos clients et partenaires en Chine", a commenté le directeur général de Qualcomm, Steve Mollenkopf.

Microsoft, également dans le viseur de la Chine

Pour le fabricant de puces, un accord avec les autorités de Pékin était vital. La Chine est un marché stratégique puisqu'il y a réalisé la moitié de son chiffre d'affaires total 2014, de 26,5 milliards de dollars. Qualcomm fait, par ailleurs, l'objet d'une enquête de la Commission européenne portant sur pratiques commerciales sur les ventes de ses composants aux fabricants de téléphone.

Outre Qualcomm, les autorités chinoises ont lancé depuis l'an dernier une série d'enquêtes contre les pratiques commerciales de grands groupes étrangers. Un autre grand nom du secteur technologique américain, Microsoft, est notamment visé.

Au cours de 2014, l'éditeur américain a dû subir la visite de responsables de l’Administration pour l’industrie et le commerce. Ses locaux ont été contrôlés dans quatre villes chinoises : Pékin, Shanghai, Guangzhou et Chengdu. Selon des médias officiels chinois, l'enquête des autorités chinoises de la concurrence visant Microsoft concernerait le "monopole de facto" du géant américain sur le marché des systèmes d'exploitation. 

Par ailleurs, toujours en 2014, l'administration chinoise a décidé de bannir Windows 8 des ordinateurs de ses fonctionnaires alors que Windows XP y reste très utilisé.

Frédéric Bergé